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Ondes téléphoniques parasitesUn éleveur réclame de suspendre une antenne mobile accusée de tuer ses vaches

Près des antennes de téléphonie mobile, certains éleveurs constatent des chutes importantes de production et une dégradation de l'état de leur troupeau. (©AdobeStock)
Près des antennes de téléphonie mobile, certains éleveurs constatent des chutes importantes de production et une dégradation de l'état de leur troupeau. (©AdobeStock)

Un éleveur de Mazeyrat-d'Allier (Haute-Loire) a demandé vendredi la suspension pour trois mois d'une antenne de téléphonie mobile qu'il juge responsable de la dégradation de son troupeau, lors d'une audience en référé devant le tribunal administratif de Clermont-Ferrand.

Depuis l'installation de cette antenne de téléphonie mobile, en juillet 2021, l'éleveur, Frédéric Salgues, dit avoir constaté de nombreuses morts de vaches − une quarantaine sur un troupeau qui en compte 200 −, observant en parallèle une baisse importante de la production de lait. « C'est catastrophique pour nous, ça fait 15 ans qu'on est installé, on est abasourdi, on a fait toutes les analyses et on n'a rien trouvé », a-t-il témoigné à l'audience.

« La mortalité du bétail a été multipliée par quatre sur les six derniers mois et la dégradation du cheptel a été constatée au jour près au moment de la mise en place de l'antenne », a déclaré son avocat Me Romain Gourdou. Des captures de vidéos issues de caméras installées dans la stabulation montrent les vaches prostrées dans un coin du bâtiment, a-t-il souligné.

Pas d'explication médicale

L'expert judiciaire mandaté par le tribunal du Puy-en-Velay s'est prononcé en faveur de l'interruption temporaire, pour lui permettre de poursuivre son expertise. « Ce cheptel fait partie des 10 à 20 % meilleurs du département » et « je n'ai pas d'éléments médicaux pour expliquer la chute brutale de la production laitière, de 15 à 20 %, dans les jours qui ont suivi la mise en place de l'antenne », a-t-il expliqué.

Le maire de Mazeyrat-d'Allier, Philippe Molhérat, qui avait autorisé l'installation de l'antenne de téléphonie mobile, est venu témoigner de l'état alarmant du troupeau, redoutant « une catastrophe sur le plan humain » et évoquant « l'inquiétude » grandissante des 1 500 habitants du village.

Les avocats des trois opérateurs mobiles concernés, Orange, Free et Bouygues Telecom ont mis en avant l'absence d'élément scientifique établissant un lien entre la santé des animaux et les champs électromagnétiques. « Pourquoi ne voulez-vous pas souscrire à cette demande qui vous permettrait de démontrer qu'il n'y a pas d'impact ? », leur a demandé le président Philippe Gazagnes.

« Les opérateurs s'inscrivent dans un cadre règlementaire fixé par l'État », a répondu Michel Gentilhomme, avocat d'Orange, insistant sur les conséquences de l'interruption d'une antenne en termes de sécurité publique. La décision du tribunal est attendue vendredi dans l'après-midi ou au plus tard lundi.

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