On entend beaucoup parler de vêlages groupés de printemps. Mais en zone séchante, certains font le choix de grouper les vêlages à l'automne pour valoriser au mieux la pousse d'automne. Une stratégie intéressante dans ce contexte de sécheresses estivales à répétition.
17 % des éleveurs laitiers misent sur les vêlages d'automne (contre 10 % au printemps et 62 % sur des vêlages étalés toute l'année). Cette pratique pourrait-elle se répandre avec le changement climatique ?
Une pousse de l'herbe décalée
Les épisodes de sécheresse estivale devraient se répéter, altérant encore davantage la pousse en été. C'est ce qu'annoncent les projections de l'Idele sur la pousse de l'herbe d'ici 2050. En revanche, le pic printanier devrait s'avancer pour démarrer plus tôt, et les repousses d'automne pourraient être plus avantageuses et se poursuivre sur des hivers doux, permettant d'allonger la période de pâturage.
« Les stocks réalisés au printemps pourraient ne plus servir à nourrir les animaux l’hiver mais l’été, avec un pâturage d’hiver là où c’est possible. » Des suppositions qui, si elles se confirment au fil des années, pourraient amener les éleveurs à revoir leurs systèmes afin de profiter davantage des repousses automnales plutôt que de se retrouver avec des besoins importants en été lorsque l'herbe vient à manquer.
C'est notamment ce qu'a mis en place la ferme expérimentale de Thorigné-d'Anjou, en élevage allaitant, qui combine deux périodes de vêlages afin de mieux étaler l'utilisation des ressources, dont une de septembre à octobre. Autre exemple en lait dans un précédent reportage où l'éleveur avait opté pour des vêlages de septembre à novembre.
Les avantages ?
- Avoir des vaches taries (donc à moins gros besoins) lorsque la pousse de l'herbe est minimale en été,
- Pouvoir les mettre sur des parcelles plus éloignées,
- Avoir des pics de travail (IA et vêlages) en dehors des chantiers de récolte d'herbe,
- Profiter de la hausse du prix du lait en hiver au pic de lactation.
Des stocks d'aliments à sécuriser
Attention en revanche : avec des vêlages de fin d'été ou d'automne, même si les repousses d'herbe sont suffisantes et à moins que l'hiver soit propice au pâturage, les animaux vont passer leur pic de lactation sur la période hivernale (donc au bâtiment). Dans ce système, il faudra donc bien sécuriser les stocks fourragers car le coût alimentaire peut être plus élevé qu'en vêlages groupés de printemps. Et les frais de mécanisation augmentent, en lien avec la distribution de la ration.
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