Ludovic Brunet, producteur de lait dans le Comminges (Haute-Garonne), soigne ses vaches à l’homéopathie. Pour ce passionné, la réussite d’un traitement tient d’abord à la connaissance fine de chacune de ses vaches, tant du point de vue morphologique que comportemental.
« E n médecine vétérinaire homéopathique, on se base sur la morphologie de chaque animal, avant d’approfondir en étudiant leurs comportements individuels », explique Ludovic Brunet, producteur laitier à Montgaillard-de-Salies, 70 km au sud de Toulouse. « Il est fondamental de connaître le type constitutionnel de chacune de ses vaches pour adapter le traitement en fonction des symptômes, mais également de l’individu. » Farfelu ? Le jeune éleveur s’est pourtant forgé une solide réputation et est régulièrement sollicité par ses collègues.
L'homéopathie : de l'initiation à la formation
Ses connaissances en la matière, Ludovic Brunet les acquiert quelque temps après son installation, un peu par hasard... En 2000, il adhère au réseau Inter-AFOCG pour se former… à la comptabilité. « De fil en aiguille, on nous a proposé d’autres formations. Je me suis d’abord intéressé aux systèmes herbagers, puis à l’homéopathie. J’ai suivi plusieurs sessions encadrées par un vétérinaire. »
Aujourd’hui, le jeune homme est à la tête d’un troupeau de 50 laitières et produit 300 000 l par an, vendus en totalité à une fromagerie, 370 €/t. Il pratique un système tout-herbe la moitié de l’année, en pâturage intensif tournant et soigne ses vaches avec des granules d’homéopathie achetés en pharmacie.
L'éleveur passe beaucoup de temps à observer ses vaches, la personnalisation du traitement étant un principe fondamental en homéopathie. Il existe en effet trois grands types constitutionnels homéopathiques, et chaque animal est un "mixte" de deux, voire des trois.
Une même pathologie peut donc se soigner avec plusieurs préparations différentes selon qu’une vache est plutôt phosphorique, carbonique ou fluorique. « Il faut apprendre à les reconnaître, insiste-t-il. Une fois qu’on connaît son troupeau, qu’on a repéré les premiers symptômes, choisir le remède approprié devient plus facile. C’est une gymnastique à acquérir. » Ludovic admet cependant connaître ses limites : « J’ai parfois recours aux antibiotiques. Je ne suis pas vétérinaire ! »
Si de son propre aveu, le temps passé à observer chaque vache individuellement semble difficilement transposable aux grands troupeaux, Ludovic Brunet fait remarquer que certains remèdes homéopathiques sont communs à tous les types constitutionnels. Pour les non-spécialistes ou ceux n’ayant pas le temps d’approfondir le sujet, il conseille d’avoir toujours quelques tubes passe-partout dans sa pharmacie, comme Actaea racemosa 9ch. « Pour une métrite, ou une rétention placentaire, trois granulés 2 fois par jour, ça marche à tous les coups ! » Côté pratique, ceux-ci sont introduits dans la vulve pendant la traite. En allaitants, on peut les cacher dans la farine, ou les mettre dans la bouche d’un petit veau facile à manipuler.
Mes frais vétérinaires s'élèvent à 80 €/VL/an
Depuis son installation, l'éleveur estime avoir réduit de moitié ses frais vétérinaires : 80 € par vache et par an contre 173 € pour le groupe Midi-Pyrénées. « L’année dernière, je n’ai eu qu’une fois recours aux antibiotiques sur une bête que je n’ai pas su soigner. Réduire leur utilisation fait partie de mes objectifs : si vous vous trompez et que vous passez une vache au tank avec des antibiotiques, les pénalités sont énormes ».
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