Une cinquantaine d'éleveurs de canards en colère ont bloqué mercredi une partie des accès à Auch, afin de réclamer le versement des indemnités destinées à compenser les pertes dues à l'épizootie de grippe aviaire, a constaté un correspondant de l'AFP.
Les deux routes nationales menant à la préfecture du Gers ont été fermées au petit matin, contraignant les véhicules à changer d'itinéraire, selon Bison Futé. Jusqu'à 16h30, heure de levée du blocage, la circulation a surtout été difficile pour les poids-lourds, avec quelques ralentissements sur les itinéraires annexes, a constaté un correspondant de l'AFP.
Les manifestants répondaient à l'appel de la Coordination rurale du Gers et du collectif « Les Canards en colère ». Durement touchés par deux épizooties de grippe aviaire cette année et l'an dernier, qui ont entraîné pour certains une suspension de leur activité, les éleveurs se plaignent de ne pas avoir reçu le paiement de l'intégralité des compensations prévues. « Aujourd'hui, il y a urgence », a estimé Lionel Candelon, porte-parole du collectif indépendant Les Canards en colère. « Les éleveurs n'ont plus de revenus depuis six mois. On a un tsunami social et économique qui donne lieu à une grande peur qu'un agriculteur se suicide », ajoute-t-il. « 194 jours sans revenus », était-il écrit sur une des banderoles tendues par les manifestants aux alentours d'Auch.
« Notre colère est légitime : les retards de paiement de la part de l'État se multiplient. L'État est mauvais payeur mais n'hésite pas à réclamer son dû par voie d'huissier ou en envoyant des gendarmes sur nos fermes (impôts, charges sociales...). Cela ne peut plus durer », a déclaré François Durand, président de la Coordination Rurale 32, dans un communiqué.
De son côté, le ministère de l'agriculture a précisé dans un communiqué que, pour 2016, des avances ont été versées à hauteur de 70 % du montant d'indemnisation estimé. Le paiement du solde se fera « dès la mi-juin et se poursuivra dans les semaines qui suivent », a informé le ministère. Quant aux versements pour 2017, « un dispositif d'avance à hauteur de 50 % de la perte estimée a été mis en place » et commencera « dès la mi-juin ». « Nous prenons note des promesses du ministre mais nous attendons de lui qu'il passe aux actes dans les plus brefs délais », a réagi en fin d'après-midi Lionel Candelon, menaçant de « bloquer d'autres routes » si « rien n'est fait d'ici la fin de la semaine ».
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