Des groupes de plusieurs dizaines de manifestants, agriculteurs, éleveurs, consommateurs, proches du syndicat basque ELB, se sont opposés pacifiquement vendredi à l'abattage de canards et poulets dans trois exploitations des Pyrénées-Atlantiques, selon ce syndicat.
Dans l'une d'elles à Domezain, a constaté l'AFP, quatre gendarmes et deux agents de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP), dont un vétérinaire, sont arrivés chez Jean-Michel Berho pour procéder à l'abattage par euthanasie de 400 canards. Son exploitation se trouve dans une zone concernée par le vide sanitaire qui doit débuter à partir de lundi pour six semaines.
L'équipe a commencé par inspecter le bâtiment où étaient confinés les canards mais au moment de procéder à l'abattage, les manifestants ont expliqué, calmement, aux gendarmes et agents qu'ils s'opposaient à la mise à mort des palmipèdes.
« Nous constatons qu'il y a eu entrave. Les personnes présentes se sont opposées à l'abattage. C'est une infraction pénale », a alors déclaré une gendarme, chef d'escadron, face aux manifestants, après de longues discussions. « Nous allons établir un rapport et le parquet décidera des suites à donner à cette entrave », a-t-elle ajouté.
« Si la maladie (influenza aviaire H5N8) se déclare dans les jours à venir, M. Berho sera personnellement responsable et ne recevra aucune indemnisation », a pour sa part mis en garde Jean-Pierre Dernoyz, le vétérinaire de la DDPP.
Les manifestants, proches du syndicat agricole ELB, se sont alors dit prêts à « endosser » cette responsabilité « collectivement ».
M. Berho a réaffirmé que ses canards « ne représentent pas une menace (...) Nous les élevons dans un système autarcique (circuit fermé, ndlr), la dernière analyse a été pratiquée sur mes canards lundi : ils sont sains ».
Dans le même temps vendredi, des agriculteurs et consommateurs se sont opposés à l'abattage de poulets et canards dans deux autres exploitations des Pyrénées-Atlantiques, à Gabat et Barcus, près de Domezain, selon ELB.
Le syndicat a dénoncé « l'entêtement aveugle de l'administration. Dans ces trois élevages les animaux sont sains, il n'y a pas d'autres élevages de volailles aux alentours, et l'épidémie est sur sa fin ».
Pour mettre un terme à l'épidémie de grippe aviaire dans le Sud-Ouest, le gouvernement a imposé un vide sanitaire « obligatoire » dans les élevages de palmipèdes de 1 134 communes répartis sur cinq départements, à partir de lundi et jusqu'au 28 mai. En quatre mois, 4 millions de volatiles ont été abattus, afin de ralentir la propagation du virus.
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