La FNSEA « a envoyé un courrier à tous les opérateurs (abatteurs, salaisonniers...) avec une description de tout le dispositif en leur demandant de répondre par oui ou par non » à la mise en place de ce fonds porcin, a déclaré mercredi le président du principal syndicat agricole français, Xavier Beulin, lors d'un point presse. « Sur la base des résultats de 2015, les centres de gestion annoncent déjà que si rien n'est fait, on perd 20 % des exploitations porcines avant la fin de l'année » sur les 4.500 existantes, ce qui « aura un impact sur l'ensemble de la filière, dont les abattoirs », a-t-il ajouté.
C'est pourquoi la FNSEA « estime que la mise en œuvre de ce fonds porcin exceptionnel (...) est sans doute la seule mesure qui peut enrayer les graves difficultés de trésorerie des exploitations ».
Mais si les grandes surfaces (GMS) ont donné leur accord, « le maillon qui coince aujourd'hui c'est le maillon intermédiaire qui considère qu'avec ce système de pied de facture, les GMS vont prendre l'argent ailleurs ».
Deux fédérations professionnelles, celle de l'industrie et des commerces en gros des viandes, ainsi que Culture viande qui regroupe les abatteurs-découpeurs industriels, ne soutiennent pas le projet. En s'adressant directement aux entreprises, le président de la FNSEA estime que « chacun devra prendre ses responsabilités et on fera les comptes à la fin ».
Il y a toujours, selon Xavier Beulin, « 25 à 30 centimes qui se baladent » qui ne bénéficient pas aux producteurs et ne sont pas répercutés sur les prix aux consommateurs. A ce titre, le rapport de l'Observatoire des prix et des marges présidé par Philippe Chalmin est « sans équivoque » : « la situation se dégrade chez les producteurs et s'améliore plutôt à l'aval », rappelle-t-il.
Par ailleurs, au delà de cette aide conjoncturelle, la FNSEA a déjà pris l'engagement de travailler dès maintenant sur des mesures plus structurelles : le modèle économique dans la filière, la modernisation des exploitations et l'ingénierie commerciale.
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