[Interview] C’est quoi la résilience ? Jérôme pavie, responsable du service Fourrages et pastoralisme à l’Institut de l’élevage, explique comment on la mesure pour les fermes laitières biologiques
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Avec la concentration des exploitations, les éleveurs laitiers qui franchissent le cap de la conversion biologique sont à la tête de structures plus grandes que celles converties il y a plusieurs années. La taille plus grande de ces élevages en conversion a-t-elle un impact sur leur résilience ? C’est effectivement ce que constate Jérôme Pavie, responsable du service Fourrages et pastoralisme à l’Institut de l’élevage. Il suit les performances des exploitations laitières biologiques depuis 25 ans. « On observe une perte d’efficacité technico-économique des exploitations nouvellement converties en bio par rapport aux plus anciennes », explique-t-il.
« La performance de ces élevages nouvellement convertis reste bonne par rapport à l’ensemble des exploitations laitières, mais il y a quand même une tendance régulière à la baisse. Une baisse essentiellement liée au niveau des charges de structures, en particulier des charges de mécanisation. »
Le pâturage, toujours la clé de la performance
Avec des exploitations conventionnelles de plus en plus grandes et des parcellaires plus éloignés ou morcelés, il est plus difficile de maintenir le pâturage dans les élevages en conversion. « Or, la maximisation du pâturage est l’un des leviers importants de la performance technico-économique en production bio. » Bien évidemment, la réussite de la conversion n’est pas liée à la taille de la structure. « Dans notre réseau, des exploitations de plus de 200 ha et un million de litres de référence laitière se convertissent en bio avec succès. Mais c’est plus compliqué pour celles qui n’ont pas le parcellaire adapté pour maximiser le pâturage. » Ceci dit, l’expert n’a jamais vu un éleveur ayant converti sa ferme en bio faire le choix de revenir en conventionnel.
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