A Biville, dans la pointe de la Manche, la centaine de Normandes du Gaec de Bival a un accès réduit au pâturage, surtout depuis l’arrivée des robots il y a un an. Les quatre associés ont choisi d’affourager en vert durant les mois d’été avec du matériel à moindre frais.
« Comme nous n’avons pas suffisamment de surface en prairie accessible aux vaches, nous affourageons en vert de juin à septembre quand l’herbe vient à manquer dans les pâtures. Nous fauchons sur les deuxièmes et troisièmes coupes des prairies associant ray-grass hybride (Rgh) et trèfle violet, soit environ 7 ha sur des parcelles distantes de 1 à 4 km. Il faut compter une bonne heure de travail chaque jour, mais nous préférons cela plutôt que de nourrir les vaches à la "conserve" pendant tout l’été », raconte Denis Bienvenu, un des quatre associés du Gaec de Bival.
Il y a un an, cet élevage du nord de la Manche a investi dans deux robots Lely, ce qui n’a pas été sans impact sur les pratiques de pâturage. Sur les 35 ha de maïs et 70 ha d’herbe que compte l’exploitation, seuls 10 ha de pâture sont facilement accessibles au troupeau de 100 Normandes. « Avant, nous étions en système full-grass. Depuis, nous sommes en train de diviser la prairie en une dizaine de paddocks pour faire du pâturage tournant. Les vaches changent de parcelle quasiment tous les jours au printemps et reçoivent une demi-ration d’ensilage de maïs en complément. Elles ont accès aux paddocks librement depuis la stabulation mais nous les rentrons la nuit en bâtiment. »
Une route à traverser
A côté de la stabulation, une route bloque l’accès à 7 hectares d’herbe. Si faire traverser les vaches ne posait pas trop de problème à l’époque de la salle de traite, faire pâturer cette prairie est devenue plus compliqué avec l’arrivé des robots. « Nous y faisons brouter l’ensemble du troupeau pendant deux heures en fin de matinée. Avec 50 vaches par stalle, le robot n’est pas saturé, mais au-delà de deux heures sans traite cela devient problématique. Il ne faut pas leur donner trop à manger le matin, comme ça elles ont suffisamment faim pour ingérer trois kilos d’herbe dans le temps imparti », explique Denis Bienvenu.
« J’ai envie d’essayer un fonctionnement en deux lots de 50 vaches : le premier partirait pâturer le matin vers 6h30 et l’autre irait brouter vers 10h sur une autre parcelle. Cela fait pas mal de déplacements de troupeau, mais ça ne perturberait pas trop la cadence des robots. J’ai également songé à aménager un "boviduc", un pont-cadre avec la route qui passe par-dessus. Je me suis renseigné auprès de la commune, mais cela coûterait au moins 30.000 euros. »
Taarup + remorque distributrice

Les associés du Gaec affouragent depuis une dizaine d’année afin de profiter des repousses d’été sur les prairies éloignées (Rgh-TV). Une vieille récolteuse à fléaux Taarup, achetée d’occasion à l’époque, fait toujours l’affaire malgré sa largeur de coupe d’1,5 mètre. « On va chercher environ cinq tonnes par jour, soit jusqu’à 10 kg MS/VL d’herbe distribuée. Nous utilisons un tracteur de 80 chevaux associé à notre remorque distributrice avec pesée. On charge l’herbe puis le maïs par-dessus. Cette remorque, une Rolland Dav10 de 12 m3, ne mélange pas mais s’avère très polyvalente. »
L’affouragement en vert leur permet de faire quelques économies sur le maïs et le tourteau de colza. Mais cela demande d’apprendre à bien ajuster la dose de concentré en fonction de la quantité, du stade et de la qualité de l’herbe ingérée. En période de pâturage avec une demi-ration de maïs, les éleveurs parviennent à supprimer les 2 kg de colza mélangés au maïs pour ne laisser que le complément au robot (2 kg de correcteur et 1,5 kg de VL 3 litres).

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