« Protégé ou non, l'éleveur aura le droit à un tir de défense » a souligné Annie Genevard en visite en Haute-Marne, département marqué par des attaques décuplées après l'installation récente d'une meute.
Outre l'éleveur, les agents des brigades mobiles d'intervention spécialisées et les louvetiers pourront également effectuer des tirs « de prélèvement » (c'est-à-dire abattre des loups) et mener des battues « pour défendre aussi des élevages non protégés » a ajouté la ministre.
« Le statu quo face à une telle prédation (...), ça n'est pas possible » a renchéri le ministre délégué M. Lefèvre à ses côtés.
Interrogé, le cabinet du ministre délégué a souligné que cette « nouveauté » figurerait dans le futur arrêté, attendu « dans les prochaines semaines ».
Les territoires fréquentés par le loup se sont continuellement étendus en dix ans, passant de moins de 10 départements à plus de 60, et les flambées d'attaques sont un sujet sensible sur fond de colère agricole. En Haute-Marne, 800 animaux d'élevage ont été tués en 2025 et 124 depuis le 1er janvier, selon la ministre. En France, le nombre d'animaux d'élevage tués est reparti à la hausse avec 12 000 victimes selon les premiers chiffres de 2025.
La condition de mettre des clôtures spécifiques et autres protections avant de chercher à éliminer le loup, qui visait à « inciter les éleveurs à se protéger », n'est « plus pertinente au moment où le loup attaque de nouveaux territoires, par définition peu protégés », a expliqué la ministre. Le gouvernement prévoit toutefois que l'éleveur bénéficiant d'une intervention contre le loup « s'engage à protéger son élevage dans l'année qui suivra ».
En outre, l'indemnisation, qui cesse actuellement après deux attaques si les animaux ne sont pas protégés, se poursuivra à la seule condition que l'éleveur soit « engagé dans une démarche de protection, (...) même si celle-ci n'est pas encore terminée ».
« On est allé aussi loin en matière de réglementation que nous le pouvions : si nous voulons aller plus loin, il faut en passer par la loi », a ajouté Mme Genevard, évoquant la prochaine loi d'urgence agricole, qui doit notamment se pencher sur le sujet de la prédation des troupeaux.
« Il y a une avancée, on aura plus de souplesse pour pouvoir protéger nos bêtes » a réagi Lucette Nivert, éleveuse de moutons à Lanques-sur-Rognon (Haute-Marne). « Tant que le loup sera là, qu'il va attaquer, nous faire vivre l'enfer, ça ne sera pas vivable », a-t-elle néanmoins estimé.
Les ministres ont en outre confirmé qu'ils autorisaient en 2026 l'abattage de 21 % des 1 082 loups dénombrés en France, avec « la possibilité d'activer les 2 % supplémentaires » prévus, soit l'autorisation de tuer jusqu'à 248 loups. En 2025, le quota était de 19 %, soit 190 loups tués.
Cette mesure avait déjà été annoncée le 10 janvier sous pression des syndicats agricoles. Les huit départements alpins et pré-alpins, où vivent la majorité des loups en France, avaient exhorté début février le gouvernement à relever « significativement » ce quota en le faisant passer à 30 %, soit 325 loups.
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