L'État souhaite réduire le nombre de brebis tuées par le loup, a assuré le préfet coordonnateur du nouveau plan loup, auditionné mardi par la Commission de l'aménagement du territoire et du développement durable du Sénat.
« Je souhaite infléchir la courbe des pertes et faire en sorte que cette année nous ayons moins de 12 000 brebis tuées », a expliqué mardi Stéphane Bouillon, préfet d'Auvergne-Rhône-Alpes et à ce titre chargé de l'application du dernier plan loup, présenté par le gouvernement en février.
« Sur les tirs de défense simples et renforcés et sur les tirs de prélèvements, il faut que nous nous focalisions là où il y a le plus de pertes », a-t-il ajouté, citant quatre départements : Alpes-Maritimes, Aveyron, Savoie et Var. Car, 60 % des attaques ont lieu sur 15 % des territoires et 3 % des éleveurs subissent 30 % des attaques, a-t-il rappelé. « A l'inverse, tuer un loup qui, entre guillemets, ne tue que quelques moutons n'a aucun intérêt » écologique et économique, a-t-il ajouté.
Espèce protégée, le loup, qui avait disparu en France dans les années 1930, est revenu par l'Italie à partir de 1992. Il est désormais présent dans les Alpes et en Provence, dans le sud du Massif central et dans l'est des Pyrénées et ses attaques se sont multipliées, de 1 400 brebis en 2000 à près de 10 000 en 2016, et 12 000 en 2017.
Le plan loup 2018-2023, qui n'a réussi à satisfaire ni les éleveurs ni les défenseurs de l'environnement, prévoit un plafond d'abattage annuel fondé sur les recommandations scientifiques qui estiment qu'il ne faut pas abattre plus de 10 à 12 % de l'effectif pour assurer la viabilité de l'espèce.
En 2018, année de transition, le plafond initial est fixé à 40 loups, mais ce nombre sera actualisé fin avril une fois connus les chiffres précis de la population au printemps, a précisé Stéphane Bouillon.
La France compte environ 360 loups (répartis en 52 meutes) et le plan du gouvernement vise une population de 500 spécimens d'ici à 2023. Concernant le « coût » du loup : en 2017 quelque 26,5 millions d'euros ont été dépensés pour la prévention et de la protection des élevages, et 3,5 millions au titre de l'indemnisation des éleveurs, sommes en partie prises en charge par l'Union européenne. Pour 2018, le préfet estime que la même enveloppe sera nécessaire.
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