L'abattage d'une louve en décembre 2015 à Lus-la-Croix-Haute dans la Drôme a été jugé illégal par le tribunal administratif de Grenoble, a-t-on appris jeudi auprès d'une association de protection des animaux.
« Ce tir de prélèvement (destiné à tuer un loup) n'était pas justifié, cette louve a été illégalement abattue », déplore l'Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) dans un communiqué. Dans son jugement, que l'AFP a pu consulter, le tribunal administratif estime que la préfecture de la Drôme, en autorisant un tir de prélèvement renforcé sur les communes de Lus-la-Croix-Haute, Glandage et Treschenu-Creyers, a enfreint un arrêté ministériel. Les tirs de prélèvement peuvent être autorisés seulement en cas de « dommages importants et récurrents d'une année sur l'autre dans les élevages ayant mis en oeuvre les tirs de défense (d'effarouchement) », rappelle le jugement.
Aucun des six troupeaux habilités à pratiquer des tirs n'a tenu de registre, pourtant obligatoire, et l'un d'eux n'était pas « titulaire d'une autorisation lui permettant de pratique r» des tirs de défense, souligne le tribunal. « Le juge administratif rappelle ainsi que des battues aux loups ne peuvent pas être autorisées si tout n'a pas été mis en oeuvre pour protéger les troupeaux exposés à un risque de prédation », commente l'Aspas. En conséquence, l'État devra verser à l'Aspas ainsi qu'à l'association One Voice 1 200 euros au total.
Le 19 juin, le quota pour la saison se terminant au 30 juin a été relevé par arrêté ministériel à 40 loups, contre 38 jusqu'alors. Ces tirs sont autorisés par dérogation, le loup étant une espèce protégée en Europe. Le quota pour la saison 2017-2018 n'a pas encore été fixé. Depuis un an, plus de 8 000 bêtes - des ovins essentiellement - ont été tuées dans des attaques de troupeaux dues au loup dans les Alpes-Maritimes, la Savoie, les Alpes-de-Haute-Provence, le Var, les Hautes-Alpes et l'Isère. Sa population en France, en augmentation, atteint désormais quelque 360 individus.
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