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[Space TV] GénétiqueLa Normande assure à tous les niveaux : économique, social et environnemental

La Normande, connue pour sa rusticité, ses taux et son rendement viande, est de plus en plus estimée par les éleveurs français et même internationaux. Selon Jean-Christophe Boittin de la coopérative Évolution : « la Normande assure une triple performance ».

Cliquez sur la vidéo pour lancer l'interview de Jean-Christophe Boittin, responsable Normande chez Évolution, au Space 2017.

« La Normande, l'éleveur libéré » : voici le slogan que prône l'OS de la race. En effet, la Normande est réputée pour sa solidité, sa facilité d'élevage et ses plus-values ; des avantages qui contribuent au bien-être de ses éleveurs.

Jean-Christophe Boittin, responsable Normande de la coopérative Évolution rencontré au Space 2017, affirme que la race assure une triple performance : économique, sociale et environnementale. « Ce sont trois composantes indispensables qui lui permettent de durer dans le temps », assure-t-il.

Une plus-value sur le lait et la viande

Non seulement la Normande assure une majoration du revenu de par son lait riche en taux, mais elle garantit également un rendement viande intéressant. Selon l'expert, un éleveur peut percevoir une plus-value de 30 €/1 000 litres grâce aux taux (qui sont en moyenne de l'ordre de 35 g de TP et 43 g de TB) et de 40 €/1 000 litres grâce aux réformes engraissées et aux mâles vendus en veaux de boucherie et en jeunes bovins. « En moyenne sur la race, on est à 380 kg de carcasse sur des vaches de réforme, explique Jean-Christophe Boittin, et certains élevages atteignent les 430 kg. En fonction des ateliers, le produit viande génère 20 à 30 % du chiffre d'affaires. »

La Normande ancrée dans la société et bénéfique à l'environnement

« La robustesse de la Normande évite à l'éleveur de devoir intervenir ponctuellement pour des problèmes métaboliques », affirme l'expert. En plus de faciliter le quotidien, la race rend aussi ses éleveurs fiers de leur production : « La richesse du lait permet de transformer des produits de qualité qui créent de l'emploi et sont reconnus pas le consommateur », explique Jean-Christophe Boittin. En effet, la Normande est ancrée dans la société avec ses quatre fromages en AOC (Camembert de Normandie, Livarot, Pont-l'Évêque, Neufchâtel).

La race valorise, dans son bassin de production comme ailleurs, des zones de pâturage qui sont selon le professionnel « sources d'acides gras et pourvoyeurs d'oméga 3, reconnus favorables pour la santé humaine ». De plus, il rappelle que les éleveurs valorisent du lait comme de la viande à partir d'un même troupeau, ce qui est bénéfique sur l'aspect environnemental : « Une étude de l'Inra montre que si le cheptel français s'orientait entièrement vers des races mixtes, on pourrait réduire de 4 % les émissions de gaz à effet de serre. C'est le scénario qui apporterait la meilleure réduction des gaz à effet de serre. »

Une demande croissante qui fait avancer la génétique

Au niveau génétique, la demande est croissante dans le bassin de la race comme dans les régions limitrophes ; de nouveaux éleveurs veulent monter des troupeaux de Normandes et d'autres déjà installés envisagent de convertir leurs cheptels. La coopérative propose d'ailleurs à ses adhérents de réaliser un diagnostic de leur exploitation grâce au logiciel Simunor qui mesure l'impact des taux sur les résultats économiques de l'élevage. Le demande se poursuit également à l'international, notamment en Afrique du Nord et en Amérique du Sud.

Pour répondre à cette forte demande, Évolution renouvelle 40 % de ses taureaux chaque année. Les éleveurs peuvent d'ailleurs rechercher des mâles selon leurs orientations de production : « l'axe "quali" permet d'obtenir les meilleurs produits pour maximiser la valorisation en lait et en viande, "confort" recherche la robustesse et la santé des animaux, et "opti" maximise la productivité en conservant toutes les qualités de la Normande »

Deux nouveaux index viande ont d'ailleurs fait leur apparition chez Évolution. Ils ont été créés à partir de données d'abattoirs qui ont permis d'identifier pour les taureaux et les femelles génotypées leur potentiel à produire des veaux et jeunes bovins de qualité. Ils viennent préciser l'index de qualité bouchère sur vaches déjà existant.

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