« Ce rejet fait suite à l'enquête publique organisée du 15 mai au 15 juin », explique dans un communiqué la préfecture, qui a publié vendredi sa décision sur son site internet.
Si les commissaires enquêteurs avaient donné un avis favorable au projet, initié en 2019 par la coopérative d'éleveurs bovins Coop d'Herbauges (51%) et la société danoise Nature Energy (49%), les conclusions de l'enquête « ont mis en évidence une opposition importante des acteurs locaux résultant notamment d'une concertation insuffisante autour du projet. » La sécurisation des axes routiers pour permettre la circulation des camions pour alimenter le méthaniseur (près de 200 passages par jour selon le conseil départemental) était également problématique, relève la préfecture.
Ce méthaniseur XXL visait à transformer près de 500 000 tonnes de matières organiques (déjections animales, résidus agricoles, céréales, etc.) par an en biogaz. En 2021, un rapport de la Commission nationale du débat public en soulignait le gigantisme, estimant qu'il était « cinq fois plus important » que le plus gros méthaniseur existant en France à l'époque.
Le président socialiste du département de Loire-Atlantique, Michel Ménard, s'est félicité de l'abandon du projet contre lequel plusieurs centaines de personnes manifestaient régulièrement.
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Michel Ménard souligne que 19 unités de méthanisation existent à ce jour en Loire-Atlantique, avec six autres unités en construction. « La différence, c'est que ces projets ont été réalisés avec l'accord et le soutien des communes de ces territoires », relève l'élu.
Ces méthaniseurs sont destinés à diversifier les sources d'énergie avec du gaz renouvelable tout en offrant un complément de revenus aux agriculteurs.
L'utilisation de maïs de plus en plus décrié
Mais de plus en plus de voix s'élèvent pour dénoncer des dérives du système avec des surfaces agricoles cultivées en priorité pour la méthanisation, devenue parfois plus rentable que la production alimentaire.
Le président de la Région Normandie, Hervé Morin, a fustigé cette semaine de telles « dérives », particulièrement dans le maïs, et a annoncé la suspension de tout nouveau financement jusqu'à ce que l'Etat ait procédé à des contrôles.
« De nombreux producteurs de maïs nous signalent des propositions d'achat de la part d'exploitants de méthaniseur à des prix deux fois supérieurs au prix du marché agricole », s'est insurgé M. Morin.
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