Producteurs de lait bio, à Mitschdorf (67), Marie-Cécile et Lionel Schnepp ont combiné vaccination et mesures de biosécurité pour se débarrasser de la fièvre Q qui plombait la reproduction de leur cheptel.
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Il y a une dizaine d’années, les vaches laitières de Marie-Cécile et Lionel Schnepp étaient nombreuses à avorter. « Il y avait jusqu’à 15/20 avortements par an pour un troupeau de 100 vaches, se souvient la jeune éleveuse. Ce qui avait beaucoup d’impacts sur la production laitière, des conséquences économiques élevées ».
Un diagnostic par test PCR
Après plusieurs années sans diagnostic, les éleveurs décident de faire appel à Catherine Lutz, vétérinaire au cabinet Rumipassion d’Hochfelden. La vétérinaire fait réaliser des PCR pour 8 maladies sur des vaches ayant avorté. Un résultat est revenu positif à la fièvre Q. Résultat conforté par l’analyse du lait de tank. « Comme la fièvre Q était clairement identifiée, nous avons mis en place un protocole de vaccination pour les génisses et les vaches », retrace Catherine Lutz.
Il a fallu de la patience aux éleveurs pour retrouver un troupeau en pleine santé. « La vaccination demande 18 mois pour être pleinement efficace », prévient la vétérinaire. De plus, tant que le renouvellement total du troupeau par des génisses vaccinées n’est pas fait, il faut continuer à vacciner. Les Simmentales du troupeau de Marie-Cécile et Lionel Schnepp sont rustiques et vieillissent bien. Donc ça prend du temps ».
Des analyses de lait de tank ont montré qu’il y avait quelques traces de fièvre Q, sans pouvoir distinguer s’il s’agit de traces de la vaccination ou s’il y avait encore des animaux porteurs. En effet, les vaches peuvent être porteuses saines. Elles ne présentent aucun signe clinique mais continuent d’excréter des bactéries Coxiella burnetii, responsables de la fièvre Q. « Dans le doute, nous continuons à vacciner », retrace Marie-Cécile Shnepp qui se félicite de l’efficacité de la vaccination. « Désormais, il n’y a plus qu’un ou deux avortements par an, sans lien avec la fièvre Q. La vaccination nous a vraiment aidés à nous débarrasser de la maladie, apprécie la jeune éleveuse. Certes, la vaccination a un coût mais bien moindre que toutes les pertes liées aux avortements ».
Renforcer la biosécurité
En plus de la vaccination, Marie-Cécile et Lionel Schnepp ont aussi renforcé les mesures de biosécurité. Comme les trois quarts des vêlages ont lieu au printemps, les éleveurs font ensuite un vide sanitaire dans la stabulation, qui est curée et désinfectée. Ils veillent à éliminer les placentas par enfouissement et chaux vive et à avoir une hygiène très rigoureuse au vêlage.
« La fièvre Q peut aussi toucher les humains et causer des pneumonies, des avortements, rappelle Catherine Lutz. Dans un troupeau atteint, il faut penser à se protéger par des mesures d’hygiène car la transmission se fait par voie aérienne ou par contact avec les excréments ou le placenta ».
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