Depuis sa première détection début août dans le nord de la France, la fièvre catarrhale ovine (FCO) de sérotype 3, maladie virale transmise par un moucheron, se propage rapidement, avec un total de 3 743 foyers recensés en élevage d'après un décompte arrêté au 26 septembre.
Un précédent bilan de cette maladie dite « de la langue bleue », qui touche essentiellement les brebis, était de 1 929 foyers au 12 septembre. Des milliers de foyers ont déjà été recensés dans les pays voisins, en Allemagne, Belgique et Pays-Bas.
Pour endiguer les effets de l'épizootie, qui n'est pas transmissible à l'homme, une campagne de vaccination volontaire a été lancée le 12 août - jusqu'au 31 décembre 2024 - dans les régions du nord du pays, des Hauts-de-France à la Bourgogne-Franche-Comté.
Face à la vitesse de propagation de la maladie, le gouvernement a annoncé le 30 août la commande de 5,3 millions de doses complémentaires contre la FCO 3, en plus des 6,4 millions de doses déjà commandées en juillet. Celles-ci seront fournies gratuitement aux éleveurs dans les régions touchées.
Dans le sud du pays, la maladie hémorragique épizootique (MHE), qui touche essentiellement les bovins, progresse également : 1 484 foyers ont été recensés au 26 septembre, selon un communiqué du ministère. Un précédent bilan faisait état de 781 foyers au 12 septembre.
Le ministère de l'Agriculture a annoncé le 20 septembre le lancement de la campagne vaccinale contre cette maladie infectieuse due à un virus transmis - comme pour la FCO - par un moucheron sorti de sa période de dormance cet été.
Deux millions de doses ont été commandées fin août, permettant de vacciner un million de bêtes. La stratégie arrêtée vise à limiter la propagation de l'épidémie par la mise en place d'une zone vaccinale tampon de 50 kilomètres de large, s'étirant en diagonale de la baie du Mont-Saint-Michel au delta du Rhône.
Les exploitations situées dans les communes à l'intérieur de cette zone tampon « pourront bénéficier des doses gratuites », avait indiqué le ministère la semaine dernière.
Face à cette flambée épidémique, les syndicats agricoles réclament de leur côté une prise en charge vaccinale beaucoup plus large et l'indemnisation des éleveurs pour leurs pertes d'exploitation.
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