Les mycotoxines sont des toxines produites, au champ ou en silo, par des champignons. Il existe plus de 300 mycotoxines différentes. Dans les ensilages de maïs, on trouve le plus souvent des DON (déoxynivalénol) et Nivalénol produit par les tricothécènes, de la Zearalénone, de la fumonisine. Ces mycotoxines prépondérantes ne sont pas corrélées entre elles : ce n’est pas parce que l’une est présente, ou absente, que la situation sera la même pour les autres.
L’impact zootechnique n’est pas proportionnel à la teneur en mycotoxines. Les résultats d’analyse sont à positionner par rapport à un seuil bas, en dessous duquel normalement il n’y a pas de risque et un seuil haut, au-delà duquel il faut être vigilant. L’absorption de mycotoxines via l’ensilage entraîne une baisse de lait, une augmentation des mammites, des troubles métaboliques pouvant aller jusqu’à des diarrhées sanglantes. La présence de DON perturbe la réponse immunitaire. La ZEA impacte la reproduction. Des facteurs, comme une production élevée, un fonctionnement ruminal pas optimal ou la période du peripartum, augmentent les impacts.
Des niveaux modérés
Cette année, l’Observatoire des mycotoxines, qui regroupe 33 partenaires et analyse des maïs en vert sur toute la France, indique que, pour les échantillons pris sur les premiers ensilages, les niveaux de contamination sont modérés, bien moins élevés qu’en 2024. « La vigilance reste de mise pour les ensilages qui vont être récoltés plus tardivement », précise Loïc Quéméré, ingénieur ruminant chez CCPA et l’un des animateurs de cet observatoire.
Le DON reste la toxine la plus fréquemment détectée, mais à des teneurs à un niveau médian 4 fois inférieur à celui de 2024. Les autres toxines (NIV, ZEA, T-2/HT-2, FUM) présentent également des niveaux de prévalence et de concentrations modérés.
Lorsque l’on exprime ces résultats en termes de risque pour les animaux, le pourcentage des échantillons au-dessus du premier seuil de toxicité est compris entre 10 et 28 % (Zéaralénone : 10 % ; T2/HT-2 : 12 % ; Nivalénol : 16 % ; DON : 28 %).
Limiter les risques
La météo reste le premier facteur de risque. Un temps humide et chaud est favorable au développement des mycotoxines. Si face à la météo on ne peut pas grand-chose, des leviers agronomiques aident à réduire la pression. Il faut veiller à broyer et enfouir les résidus de culture, qui peuvent abriter des spores. Dans la rotation, les céréales à paille réduisent le risque. Les blessures causées par les insectes foreurs sont des portes d’entrée pour les champignons. Dans les parcelles à risque, il faut être vigilant sur la protection insecticide. Toutes les variétés ne réagissent pas de la même façon. Dans l’outil Varmaïs, on peut inclure le comportement face au risque fusariose dans ses critères de choix. Il faut donc privilégier les variétés les moins sensibles dans les parcelles à risques, en cas de précédent maïs par exemple. Il faut aussi jouer sur les indices de précocité pour récolter tôt. Car plus la récolte est tardive, plus les risques de mycotoxines sont élevés.
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