Pointés du doigt par une étude de l'Irstea (1) en 2006, 45 % des épandeurs seraient "dans les choux" en termes de régularité d’épandage. Le temps est venu de faire évoluer les choses. La nouvelle réglementation sur la directive "Nitrates" sera là pour le rappeler. A l’heure de l’électronique, les épandeurs à fumier sont en train de connaître une petite révolution. Un article extrait de Terre-net Magazine n°15.
![]() Le Cemob de l'Irstea est un banc d'essai dynamique permettant non seulement de simuler en 3D les nappes d'épandage, mais aussi de les appliquer à une parcelle donnée. (© DR) |
Toutefois, la réalité est plus complexe que cette formule car l’hétérogénéité de la matière organique épandue influence fortement la qualité de répartition. Ainsi, un fumier à forte cohésion impactera plus ou moins le débit en fonction de sa masse volumique et de sa vitesse par rapport au tapis d’épandage. A contrario, un compost à faible cohésion ajoutera un facteur d’éboulement devant les hérissons, ainsi qu’un facteur de glissement lorsque la porte est actionnée.
Régularité longitudinale : la clé !
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Alors surdose ? Sous-dose ? Un peu des deux en fait ! (cf. carte ci-dessus). Pour mieux comprendre, il faut regarder du côté de la régularité d’épandage transversale et plus particulièrement du côté de la régularité d’épandage longitudinale. La première est proche de celle d’un épandeur centrifuge, mais avec un double recouvrement. Une différence cependant : elle sera plus sensible pour des produits à forte cohésion (fumier de bovin, boues).
Les épandeurs dans les choux
La régularité d’épandage longitudinale, elle, est plus perfectible. Plus le produit épandu est à faible cohésion (compost, fumier de volaille), plus sa sensibilté augmente. En fait, lors de l’épandage, on peut définir trois phases selon le chargement du front de matière organique devant les hérissons : la montée en charge, la pleine charge et la perte de charge. C’est notamment lors de la dernière étape, qui peut représenter plus d’un tiers du temps d’épandage, que l’on peut constater une chute de la dose épandue. Celle-ci est d’autant plus importante que le produit est à faible cohésion.
Mécaniquement parlant, les épandeurs à fumier diffèrent fortement au niveau de l’écoulement de l’amendement dans leur caisse ; ce, en raison de la forme de cette dernière, mais également de la solution technique (chaîne, tapis, fond poussant) permettant l’avancement de l’amendement vers elle, voire d’une quelconque retenue.
En retard en termes d'assistance électronique
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Ainsi, Agrotronix a planché sur cette problématique dès 1999 ! Pour en savoir plus sur les travaux de ce spécialiste, rendez-vous dans le prochain numéro de Terre-net Magazine. En attendant, voici un extrait de la conclusion de l’étude de l'Irstea.
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A propos de la norme 13080 Cette norme repose sur deux indicateurs principaux. Le premier, appelé coefficient de variation (CV), Le second indicateur concerne la régularité longitudinale. C’est l’étendue (E), c’est-à-dire le pourcentage de temps où le débit épandu est compris dans une zone de tolérance de plus ou moins 15 % (cf. graphique n°1). L’étendue doit être supérieure à 35 % avec un coefficient de variation inférieur à 40 %. Petite parenthèse : il existe une norme similaire pour les tonnes à lisier, qui font l’objet des mêmes préoccupations. Cette norme EN 13406 donne, comme références, une étendue de plus de 90 % et un coefficient de variation de moins de 20 % pour l’épandage en nappe ou de moins de 15 % pour l’épandage en ligne. |
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Cet article est extrait de Terre-net Magazine n°15. La deuxième partie sera publiée ultérieurement.
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