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Paroles de lecteurs[SOS] baisse de lait : vos réponses à Charles ne se sont pas faites attendre !

« Mes vaches laitières ne boivent et ne produisent plus assez » : cet appel à l'aide de Charles, éleveur, la semaine dernière sur Web-agri n'est pas resté lettre morte auprès des lecteurs. Plus de 150 réponses lui ont été adressées, chacun y allant de son conseil au niveau de l'eau, l'alimentation, les courants parasites... jusqu'à penser à un acte de malveillance ou un envoûtement. Un bel exemple d'échanges et de solidarité entre producteurs, si chers à Web-agri et ses lecteurs !

Le souci : c'est l'eau...

Pour Db42, « l'eau n'est pas potable ou les canalisations sont contaminées ».

« La qualité de l'eau » peut être en effet « en cause », selon j-l. « Malgré une acidification constante », cet éleveur de volailles a observé du « biofilm dans les tuyaux de sa ferme même si l'eau provient du réseau ». Un souci « résolu grâce au chlore », une solution « peu onéreuse et facile à mettre en œuvre ».

Aciera met cependant en garde vis-à-vis « des intoxications au chlore ».

Le « biofilm », dont parle @j-lBrin d'herbe en voit au niveau des abreuvoirs de Charles. « Ces bactéries et algues encrassent la plomberie de l'exploitation et des vaches et perturbent le fonctionnement des micro-organismes utiles de leur système digestif ! » Lui aussi conseille « une pompe à chlore pour nettoyer le réseau ».

Guillaume enchaîne : « Le fait d'être relié au réseau ne garantit pas la qualité de l'eau mais seulement sa potabilité ». Il recommande, « dans un premier temps, une analyse d'eau complète, biologique et chimique, et par un organisme réellement indépendant ». Puis, en fonction du résultat, « d'installer un système de traitement au chlore ou par UV ». Un dispositif abordable qu'il préconise d'ailleurs dans tous les élevages.

Installer un système de traitement.

Et pourquoi pas essayer, tout simplement, de « changer la source d'approvisionnement en eau des vaches pour voir s'il y a une différence » ?, fait remarquer Cantal.

... ou l'alimentation

« Y a trop de maïs dans la ration !, s'exclame Auré62. Mettez un ballot de foin à disposition, si les vaches se jettent dessus, c'est qu'elle manque de fibres. »

Manque de fibres ? Problème avec la paille de colza ou les mycotoxines ?

éleveur pense aussi que c'est un problème alimentaire. « Pour la santé du rumen et des intestins, mieux vaut diminuer la paille de colza à 0,1-0,2 kg maxi. » Autre explication : « Pas assez ou manque d'azote soluble en fonction de la qualité du maïs. »

Fab16 pense également que le fautif est « la paille de colza, très irritante et porteuse de mycotoxines ». Raisons pour lesquelles son « nutritionniste l'avait formellement déconseillée. »

débutant  souhaiterait lui aussi un « descriptif plus complet de la ration des vaches laitières », et notamment des résultats d'« analyses de fourrages ». « Comment se comportent les bêtes en pâture ? », demande-t-il.

Fabien, ayant connu une situation « similaire mais moins grave » que Charles, a lui fait analyses ses fourrages, dans lesquels effectivement « des mycotoxines ont été trouvées ».

Mettez vos vaches à l'herbe !

jef lance : « Mettez vos vaches à l'herbe, utilisez le maïs en complément et supprimez le soja ! Tout ira mieux, surtout financièrement !! »

Comme plus haut avec l'eau, pour en avoir le cœur net quant à l'impact de l'alimentation, D 77 donne l'idée de distribuer une « autre ration à un deuxième lot d'animaux représentatifs du troupeau ». 

Sébastien suggère : « Avez-vous essayé de mettre 50 g de sel par vache dans la ration ? Ça peut les faire boire un peu plus et ça ne coûte pas trop cher ! »

Et si « on rajoutait de l'eau dans la ration à raison de 10 l/VL » ? Avec le conseil d'Alex 35, retour à l'élément incriminé en début d'article. 

Des courants parasites

Outre « les problèmes techniques, alimentaires en particulier, et infectieux », toto314 pointe « les pollutions électromagnétiques qui sont scientifiquement prouvées et reconnues par L'OMS et l'Anses. »

« Ça tournait bien avant, il faudrait effectivement se renseigner si des éoliennes ou des antennes-relais n'ont pas été installées dans le secteur, insiste steph72. Je connais un éleveur en robot de traite avec la même ration, qui est passé de 36 à 21 kg de lait/vache à cause d'une ligne électrique enterrée et d'un transformateur. De plus en plus d'éleveurs sont impactés par les ondes électromagnétiques et restent impuissants car très peu aidés. »

Éoliennes, antennes-relais, transformateurs, lignes électriques...

Yann a même fait venir un sourcier et figurez-vous que « la machine à laver à proximité parasitait l'eau ».

Guillaume  estime, au contraire, que « les problèmes électriques ont le dos large et sont un peu la solution à toutes les difficultés constatées en élevage ». Il remet plutôt en question les préparations des boîtes d'aliment « pas toujours très catholique pour tirer les prix ».

À Chacun son hypothèse, plus ou moins plausible

hivert : « Le sol béton de la stabulation, qui serait responsable d'une mauvaise posture des vaches. »

J P Guillemot : « La Mortelaro : les vaches souffrent mais ne boitent pas forcément. »

élevage : « Un changement au niveau de la traite. »

steph72 : « Et les cellules dans le lait, personne n'en parle ! Pourtant, elles sont souvent révélatrices du stress des animaux dans leur milieu. Or, dans l'élevage de Charles, le taux est élevé. »

phil : « La présence de datura dans le maïs. »

Pascal : « Les tiques au pâturage qui transmettent la fièvre des pâtures ou ehrlichiose, maladie entraînant une baisse de production laitière. »

« Ou des parasites si le troupeau n'est pas vermifugé régulièrement », renchérit Christophe.

Gigi85 : « Les boues de station d'épuration, très concentrées en métaux lourds, si les terres de l'exploitation en reçoivent. »

Gérard : « Les traitements phytos à côté des bâtiments car si ce n'est pas bon pour les humains, ça ne doit pas l'être non plus pour les animaux. »

jm : « Les vaccins qui réduisent l'immunité des bêtes. »

Des «  truites », des «  caméras » ou un «  prêtre exorciste »

Lenormand50 propose une solution pour le moins originale : « Mettre des truites dans l'eau. Je ne plaisante pas, c'est un très bon indicateur de sa qualité, utilisé par les anciens. »

Plus étonnante encore, la suggestion de Monique de « recourir à un prêtre exorciste ». « Peu importe si cela nous fait rire », ajoute-t-elle. Elle rejoint par là Belouga  qui croit que le « troupeau s'est fait envoûté ». 

Piro, très suspicieux : « Mettez des caméras car il s'agit peut-être d'un empoisonnement. »  

Compréhension et sollicitude

Onyx4598 raconte avoir été dans le même cas que Charles et comprend le désarroi de l'éleveur ayant, lui aussi, « exploré toutes les pistes » en vain.

Toutes les pistes ont été explorées. Alors sans solution...

Une sollicitude que l'on retrouve dans d'autres commentaires, notamment celui de Tof : « Quand tu te retrouves sans solution, l'envie d'arrêter le lait n'est pas loin. »

« Vraiment difficile à vivre », reconnaît Jlc.

Jacky acquiesce : « De nombreuses exploitations ont connu ou connaissent ce genre de souci, qu'ils ont bien du mal à résoudre. Pour preuve : plus de 150 réactions à l'article ! »

Beaucoup d'exploitations concernées.

« En tout cas, courage à vous car c'est toujours plus facile vu de l'extérieur que la tête dans le guidon ! », s'exclame Noémie, rejointe par plusieurs lecteurs.

sergio17 regrette que « les éleveurs aient souvent peur de se remettre en cause et imaginent un problème beaucoup plus complexe qu'il ne l'est en réalité ». Il s'adresse ensuite directement à Charles : « Je suis convaincu que des solutions simples et peu coûteuses existent pour votre élevage. L'expérience d'un vieux éleveur laitier... »

« À commencer par ne pas écouter systématiquement tous ces experts détenant des solutions miracles », souligne Raymond, 64

« Un problème multifactoriel, difficile à résoudre »

« Ce problème est sûrement multifactoriel d'où la difficulté pour le solutionner », résume de son côté Pascal.

« C'est très compliqué de conseiller à distance », déclare Karine pour « un problème » qu'elle ne juge « pas si simple » non plus. S'ensuit une longue liste de questions au producteur : « Combien de places au cornadis et combien de logettes ? Dans quel état sont ces dernières ? Combien de parages par an pour les vaches ?... » 

Des interrogations auxquelles Patrice aurait aimé, à l'instar d'autres lecteurs, que Charles réponde, pour avoir des précisions et pouvoir lui fournir des conseils plus ciblés. Et surtout pour qu'un échange se crée, car c'est toujours enrichissant. À noter : certains lecteurs ont même proposé à l'éleveur de se contacter en direct pour approfondir la réflexion, en plus petit comité.

« Pourquoi pas un nouveau reportage dans un an pour savoir où en est Charles », conclut Lau. En espérant que ses ennuis seront derrière lui.

Et sur Facebook, 146 commentaires, 112 partages et 127 likes, dont :

posts facebook baisse inexpliquee de production de lait
(©Page Facebook de Web-agri)
 

Journaliste installation/transmission des exploitations

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