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Plan protéines végétalesDes moyens importants pour développer l’autonomie des élevages

Le nouveau plan protéines, dévoilé le 1er décembre, comporte plusieurs leviers pour développer l'autonomie des élevages. (©Terre-net Média)
Le nouveau plan protéines, dévoilé le 1er décembre, comporte plusieurs leviers pour développer l'autonomie des élevages. (©Terre-net Média)

Détaillée le 1er décembre par le ministre de l’agriculture, la stratégie nationale pour développer les protéines végétales entend répondre à trois enjeux majeurs : doubler les surfaces cultivées en 10 ans, encourager la recherche, et améliorer l’autonomie alimentaire des élevages, grâce à une enveloppe de 100 M€ issue du plan de relance.

R enforcer la souveraineté alimentaire, réduire l’impact environnemental en diminuant les importations de protéines végétales américaines et sud-américaines, dont les modes de production entraînent de la déforestation, et recréer de la valeur : tels sont les objectifs du nouveau plan protéines dévoilé le 1er décembre par Julien Denormandie.

Pour y parvenir, le plan de relance consacre une enveloppe de 100 M€, répartie sur trois axes. Premièrement, 50 M€ sont fléchés vers la structuration de filières, « financer les outils de production, de stockage, de distribution », indique Julien Denormandie, avec l’objectif d’augmenter de 40 % les surfaces dédiées à la production de protéines végétales d’ici trois ans, soit 400 000 ha de plus. À 10 ans, l’objectif est de doubler les surfaces actuelles et d’atteindre 2 millions d’ha. Dans le cadre de la réforme de la Pac, il sera également possible d’utiliser des aides couplées pour développer la production de légumineuses.

20 M€ pour améliorer la teneur en protéines des prairies et fourrages  

Le deuxième axe du plan vise à développer l’autonomie alimentaire des élevages, en consacrant 10 M€ à l’achat de semences permettant d’accroitre le potentiel protéique des prairies, et 10 M€ à l’amélioration du matériel de stockage et de distribution au bétail ou au traitement des plantes récoltées. « L’objectif de développement des prairies et de fourrages à haute teneur en protéines est une priorité pour nos éleveurs de ruminants », souligne de son côté Marc Pagès, directeur d’Interbev, qui rappelle le double avantage, économique et agro-écologique, du renforcement de l’autonomie alimentaire des élevages.

L’objectif est de favoriser le développement des prairies et fourrages à haute teneur en protéines. « On financera à 40 % l’acquisition de semences par exemple pour enrichir les sursemis ou les prairies existantes », précise ainsi le ministre de l’agriculture.

Pour Martial Marguet, président de l’Institut de l’élevage, la stratégie nationale de développement des protéines végétales va ainsi permettre d’agir à quatre niveaux : la diffusion de leviers agronomiques pour produire des protéines en élevage, la mise en avant de l’intérêt économique des systèmes d’élevages à forte autonomie protéique, l’équipement des éleveurs avec des outils de diagnostics suffisants (outils de conseil, OAD…), et l’utilisation à plus grande échelle de ce qui a déjà été créé en recherche et développement sur les protéines.

Le troisième axe du plan dédie par ailleurs 30 M€ à la recherche et développement, et à l’accompagnement dans l’utilisation des nouvelles protéines (par exemple, l’utilisation des insectes pour la pisciculture), dont 20 M€ spécifiquement fléchés sur les semences.

La nutrition animale prête à relever le défi

Pour le Snia, qui a accueilli favorablement ces annonces, le plan protéines est « une rampe de lancement » qui amorce une nouvelle dynamique. « Améliorer l’autonomie alimentaire des élevages, cela passera par améliorer la qualité de la ration de base, et par l’amélioration du niveau de protéines. Ce qui veut dire que l’on vendra un peu moins d’aliments, mais on vendra la bonne quantité, c’est à nous d’être en phase pour régler ce défi et apporter les améliorations qui vont dans le sens des objectifs de l’éleveur, c’est la base de notre métier », a salué François Cholat, président du Snia.

Les fabricants d’aliments du bétail voient également dans ce plan des leviers pour développer les liens entre les filières. Pour Henri Tromelin, membre du bureau du Snia, dont l’entreprise avait déjà investi dans le travail des protéines végétales, ce plan va augmenter la production de graines et donc le sourcing, pour les fabricants. « Il y a quelques années, quand on a démarré, les résultats des cultures de protéines étaient très moyens et les agriculteurs étaient déçus. Là, il y a beaucoup d’éléments qui vont permettre à la production de protéagineux de s’accroître », se réjouit-il. Ce qui est également une bonne nouvelle pour favoriser les circuits courts au niveau régional. C’est « une vraie opportunité pour la partie animale d’être en phase avec la partie végétale en France », ajoute ainsi François Cholat.

Journaliste politique et économie

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