Mars, avril, mai… la météo est toujours inversée sur la France : de l’eau dans le sud, du sec dans la moitié nord. Dans sa troisième note agroclimatique et prairies de la saison, l’Idele revient sur cette situation météorologique atypique.
Contraste nord/sud
L’anticyclone présent sur le nord de l’Europe a limité les précipitations sur la moitié nord de la France depuis mi-février. Un ensoleillement important et un vent de nord-est ont accentué le dessèchement des sols sur cette partie de l’Hexagone et plus particulièrement sur les Hauts-de-France. Dans cette région, l’indice d’humidité des sols a atteint des records bas en avril, et affichait au 1er mai des valeurs proches de celles habituellement rencontrées fin juin, a d’ailleurs indiqué Météo France.
Dans la moitié nord, le temps sec a permis des récoltes d’herbe fin avril-début mai, mais les volumes sont en deçà des attentes.
La pousse de l’herbe est aussi freinée par ce manque d’eau. En Normandie, le déficit est estimé à 15 kg MS/ha/jour par rapport à la moyenne habituelle. Les prairies déjà pâturées au printemps redémarrent difficilement, complète l’Idele.
Pour faire face au ralentissement de la croissance de l’herbe, l’institut de l’élevage distille quelques conseils :
- « allonger les temps de retour sur les parcelles pour ne pas se retrouver avec une herbe rasée avant le mois de juillet ;
- ne pas pâturer trop ras avant l’été : objectif 6 cm en hauteur de sortie des paddocks ;
- avec une croissance de 15 à 20 kg MS/ha/jour, le temps de retour devrait se situer entre 5 et 6 semaines ;
- réaugmenter la complémentation à l’auge ou affourager au champ (râtelier ou bale grazing) ;
- lors de l’arrêt de pousse, privilégier une (des) parcelle(s) parking, pour que les autres puissent suffisamment se reposer et pour ne pas impacter leur potentiel productif automnal
- faire tourner les animaux sur les parcelles parking pour réduire la pression sanitaire. »
Une bonne pousse dans le sud
Dans le sud en revanche, les précipitations ont été supérieures aux normales. Accompagnées d’épisodes de chaleur, elles ont permis une bonne pousse de l’herbe. Dans la Drôme et l’Isère par exemple, « début mai, la pousse dépasse largement la moyenne pluriannuelle, atteignant 73 kgMS/ha/jour en montagne (contre 50 habituellement), 65 kgMS/ha/jour en piémont, et jusqu’à 80 kgMS/ha/jour en plaine », indique l’institut technique.
Les mises à l’herbe ont parfois pu être retardées en altitude à cause de la pluie et les chantiers de récolte et de semis également.
Un changement de temps est désormais attendu dans les jours à venir : l’anticyclone présent sur le nord de l’Europe depuis plusieurs semaines devrait laisser la place à des perturbations alors que le sud devrait retrouver davantage de soleil.
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