Depuis les années 2010, début de la libéralisation des volumes de lait avant la sortie des quotas en 2015, les éleveurs ont dû s’adapter à une gestion des volumes différente.
« Jusqu’en 2015, les volumes de lait à produire étaient limités et les prix du lait à peu près maîtrisés grâce à l’intervention publique, et à des débouchés pour les produits laitiers essentiellement sur les marchés intérieur et européen », rappelle Yannick Pechuzal de l’Institut de l’élevage. Dans ce contexte, les éleveurs cherchaient à maximiser la marge aux 1000 litres en optimisant la ration, les taux, la génétique… En fonction de leurs disponibilités en foncier, en main-d’œuvre, ils ont pu opter pour deux stratégies différentes : la diversification de l’exploitation en complétant le revenu de l’atelier lait par celui d’une autre activité (hors sol, engraissement de jeunes bovins laitiers, cultures de vente, ou tourisme rural…), ou la désintensification du système laitier. Celle-ci s’est faite souvent par l’agrandissement des surfaces, avec l’aide de certaines mesures de la réforme de la Pac 2000, comme la prime à l’herbe.
Productivité et maîtrise des investissements
« Avec la sortie des quotas et l’attribution de litrages supplémentaires, la voie des volumes a pu supplanter la voie de la marge, observe l’animateur Inosys des Réseaux d’élevage bovins lait. Cette voie s’est accompagnée et s’accompagne généralement de besoins accrus en animaux, bâtiments, main-d’œuvre donc souvent d’investissements importants. » La réussite de cette stratégie est très liée à la productivité de l’atelier lait et à la maîtrise des investissements, d’autant qu’elle s’est souvent faite au détriment des ateliers de diversification (arrêt des veaux de boucherie, porcs…).
Cette voie des volumes est arrivée dans une phase où les actifs (familiaux en particulier) diminuaient. « L’adaptation a donc aussi consisté à développer l’emploi salarié sous différentes formes : salarié à temps plein ou partiel, partage de main-d’œuvre via le groupement d’employeurs, délégation de travaux, regroupement d’exploitations…, énumère Yannick Pechuzal. L’introduction de la robotique a permis de produire plus en réduisant la charge de travail, l’astreinte et la pénibilité car, après ou en parallèle de l’augmentation des volumes, les éleveurs aspirent aussi à vivre mieux. »
Des écarts de revenu considérables
La crise du lait en 2015-2016 a fait du mal aux exploitations qui avaient beaucoup investi. Malgré tout, et à l’exception du bio, le revenu des exploitations laitières s’est globalement amélioré ces dernières années, comme en témoignent les éléments présentés dans le graphique ci-contre.
Redevenu attractif, le prix du lait a un effet positif malgré des écarts considérables observés entre exploitations (plus importants à l’intérieur d’un même système qu’entre systèmes différents).
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