La dégradation de la fécondité pénalise les résultats économiques, notamment via l'efficacité alimentaire
PLUSIEURS FACTEURS JOUENT SUR LA REPRODUCTION. Les performances ont tendance à se dégrader de manière préoccupante, d'année en année. Cet aspect de l'élevage est pourtant essentiel à plus d'un titre. Tout le monde sait qu'il faut un veau pour faire du lait, mais c'est surtout le délai d'arrivée de ce veau qui est important. Alors que les coûts de production doivent être suivis de près, il est essentiel que chaque éleveur se penche sur une notion simple : une vache de 700 kg en stabulation libre, produisant 35 kg de lait à 4 %, a besoin de 21 UFL, dont 6 UFL pour son entretien (le maintien de son état général). La même vache produisant 25 kg de lait aura besoin de 17 UFL, dont toujours 6 UFL pour son entretien. On passe donc d'un rendement alimentaire pour le lait (besoins de production/besoins totaux) de 72 à 64 %, soit une perte de 8 %. Un calcul identique peut être fait pour les PDI et on trouvera une perte de 6 % Ces baisses peuvent paraître négligeables, mais rapportées aux frais alimentaires, elles deviennent essentielles…
MAÎTRISER L'INTERVALLE ENTRE LES VÊLAGES
Il en découle que l'un des premiers paramètres à considérer pour évaluer l'efficacité d'un élevage est le mois moyen de lactation. Plus il est faible, plus l'efficacité alimentaire, à fourrages identiques, augmente.
Le mois moyen de lactation peut se dégrader de deux façons : augmentation de l'intervalle entre deux vêlages et/ou un maintien d'un nombre important de vaches vides en lactation. Les deux phénomènes sont parfois observés dans le même troupeau. En effet, le maintien de vaches non gestantes en lactation permet de pallier une défaillance de la reproduction en assurant la couverture du quota. La durée de gestation n'étant pas modifiable, l'écart vêlage-vêlage va être influencé par le délai entre le vêlage et l'insémination fécondante (c'est-à-dire par le délai de mise à la reproduction et par la fertilité des vaches) et par la persistance des gestations.
Pour avoir une fécondation, il faut avoir une insémination et, avant cela, une chaleur. Les critères de l'intervalle vêlage-première chaleur et de l'intervalle vêlage-première insémination permettent d'évaluer plusieurs éléments. Ils traduisent en effet le délai de reprise de l'activité ovarienne (fortement influencé par l'éventuel déficit énergétique de début de lactation et par les infections utérines).
D'autre part, ils reflètent la capacité des vaches à exprimer leurs chaleurs (influencées par l'alimentation). Enfin, ils sont liés à la capacité de l'éleveur à repérer les chaleurs (dépendant du nombre et de la qualité des observations).
RETOURS DÉCALÉS
La fertilité des vaches, c'est-à-dire leur capacité à avoir un veau, peut être mesurée par le taux de réussite en première insémination. Déficits alimentaires et métrites le dégradent largement. Mais le choix du moment de l'insémination, par rapport au vêlage et à la chaleur, influence également le taux de réussite.
La non-persistance des gestations (l'avortement) est fortement pénalisante, car elle aboutit à une augmentation de l'écart entre vêlages ou, pire, à la réforme des vaches. Les retours décalés s'expliquent par la mortalité embryonnaire, ou des déséquilibres alimentaires ou encore une mauvaise détection des chaleurs.
L'analyse des critères de reproduction doit donc suivre une démarche cohérente. Elle permettra de poser un diagnostic précis, et donc de mettre en place rapidement les mesures correctives appropriées. Les enjeux économiques sont tels que les éleveurs ont tout intérêt à s'en préoccuper, même s'ils se sentent un peu démunis pour agir.
L'allongement de l'intervalle entre les vêlages est très pénalisant.
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