Réunis symboliquement devant l’Ambassade du Brésil, le 9 juillet, des représentants de la FNB, mais aussi des interprofessions bovine et avicole, de la CGB, de la FNSEA, et des parlementaires de tout bord ont rappelé les multiples raisons de dire non à cet accord « d’un autre temps », qui déstabiliserait l’agriculture européenne en autorisant l’entrée de produits aux normes nettement moins disantes, sans proposer pour le moment de véritables mesures miroirs.
D’autant que « depuis 25 ans, si cet accord avait été bon, il serait enquillé », estime d’ailleurs le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, pour qui « faire du commerce, pour l’Union européenne, ça ne doit pas être ajouter des contraintes pour ses producteurs, et laisser des passe-droits pour les autres ». « Ce n’est pas un sujet de volume, un sujet technique, c’est un sujet politique », insiste-t-il, alors que depuis la visite du président brésilien Lula, début juin, « on a senti quelques failles dans les discours », s’inquiète de son côté Patrick Bénézit, président de la FNB.
À travers leur mobilisation, les éleveurs entendent continuer à peser pour qu’Emmanuel Macron active le veto français, face au risque d’un passage en force de la Commission européenne.
« On attend que la position de la France soit extrêmement claire »
Car « pour l’instant, l’accord est mixte : il faut l’aval du Conseil européen, du Parlement européen, et de tous les Etats-membres, explique le président de la FNB. Si l’accord ne change pas de nature juridique, il n’a aucune chance de passer », poursuit-il, l’Assemblée nationale et le Sénat se prononçant tous les deux contre l’accord. « C’est pour ça que la Commission veut passer en force », ajoute Patric Bénézit, mais « si la France s’oppose à ce que l’accord soit scindé, il faudra passer par les Etats pour le valider ». « C’est là où on attend que la position de la France soit extrêmement claire », insiste-t-il.
Si la ministre de l’Agriculture française poursuit son action pour rassembler une minorité de blocage au niveau des Etats membres européens, le résultat de ces efforts reste encore incertain. « C’est pour ça que le plus sûr, c’est de mettre le veto avant ! », explique le président de la FNB.
« La ratification de cet accord serait une catastrophe, pas seulement pour l’élevage mais pour toute la cohérence de l’agriculture européenne. Des produits qui arrivent traités aux hormones, nourris aux activateurs de croissance, c’est tout ce qu’on nous interdit chez nous, à juste titre ! », déplore l’éleveur, qui veut rester optimiste quant au rejet de l’accord.
Parmi les nombreux députés présents, Dominique Potier a rappelé l’importance de mettre en place des mesures miroirs reposant sur l’inversion de la charge de la preuve, mais aussi la possibilité de saisir, en ultime recours, la Cour de justice européenne si la volonté des Etats n’est pas respectée.
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