La pollution de l’air compte parmi les nouveaux enjeux que rencontre l’agriculture. En cause ? L’ammoniac. Ce précurseur de particules fines a pour principale provenance les fertilisants agricoles. Associé à l’oxyde d’azote (issu de la circulation routière), il donne lieu à la formation de particules. « Celles-là mêmes qui peuvent générer des ralentissements sur le réseau routier », explique Florence Gerouard, du pôle "territoire et environnement" de la chambre d’agriculture de Normandie.
Si l'agriculture sait qu'elle a un rôle à jouer, pas question pour autant d'en faire un bouc émissaire, insiste la conseillère. « L’ammoniac n’est pas le seul responsable de la pollution aux particules. C'est un précurseur de particules secondaires, ce qui signifie qu'il doit s'associer à d'autres molécules de sources diverses pour former des particules fines ». Parmi elles, les oxydes d'azote générés par les transports routiers.
L'un des principaux leviers pour lutter contre les émissions d’ammoniac concerne la couverture des fosses à lisier. 2 à 10 % de l’ammoniac contenu dans un lisier est susceptible d’être volatilisé. « Tout dépend des conditions météo et de la fosse en tant que telle. Lorsqu’une croûte se forme sur le lisier par exemple, cela limite la volatilisation de l’ammoniac ». Le fumier est quant à lui beaucoup moins concerné : les déperditions d’ammoniac avoisinent les 0,75 %. « Cela peut sembler peu à l’échelle d’une exploitation, mais les émissions par les effluents représentent un véritable enjeu pour l’agriculture française ». 90 % des émissions d’ammoniac étant d’origine agricole.
Couvrir les fosses à lisier
Parmi les solutions, la couverture des fosses. Mais l’investissement est souvent important. « Limiter les émissions d’ammoniac permet de maintenir la concentration en azote des effluents, mais ça n’est pas ça qui va rentabiliser l’équipement », admet la conseillère. L’installation de couverture présente cependant de multiples petits avantages, c’est par exemple un moyen d’éviter la dilution du lisier pour faciliter les travaux d’épandage. « En Normandie, il pleut quand même pas mal », sourit Florence Gerouard. Couvrir la fosse peut également permettre de réceptionner le méthane émis par les fosses pour la production de chaleur sur l’exploitation.
L’idéal est d’intégrer la couverture des fosses au moment de la conception. « Cela nécessite généralement d’installer un mas au milieu de la fosse », même s’il reste possible d’adapter des structures existantes.
L'utilisation de matériels d'épandage innovants, l'équipement des bâtiments d'élevage ou encore l'optimisation de la fertilisation azotée comptent également parmi les leviers possibles pour limiter la volatilisation de l'ammoniac. « Beaucoup d'entre elles sont déjà mises en œuvre sur les exploitations et vont continuer à se développer », conclut Florence Gerouard.
Banette, la Prim’Holstein qui a produit 184 909 litres de lait en 14 lactations
« On ne peut pas garantir que la viande importée du Mercosur soit sans hormones »
Des Aubracs qui font des kilomètres pour pâturer et entretenir le territoire
Jules et Apolline, installés hors cadre familial : « Sans Terre de liens, ça n’aurait pas été possible »
Sabine et Cédric Lecointe ont investi 200 000 € dans le robot de traite GEA DairyRobot R9500
Décision de l'UE sur le Mercosur : au Salon de l'agriculture, on crie à la « trahison »
La guerre au Moyen-Orient tend les prix des engrais azotés en Europe
Prix des engrais : la tendance « clairement orientée à la hausse »
Guerre en Iran : hausse du gaz, du pétrole et des engrais, quels impacts pour l’agriculture ?
Chez Sébastien Renier, « avoir assez de fourrage pour 155 vêlages, c'est un vrai stress »