Pour Dominique Chargé, président de la fédération des coopératives laitières, le prochain président de la République doit s’engager à revoir intégralement le cadre législatif des négociations commerciales. La FNCL exige par ailleurs une série de mesures fiscales et sociales pour améliorer la compétitivité des coopératives laitières.
A l’approche des échéances électorales pour la Présidentielle 2017 puis les Législatives, la fédération nationale des coopératives laitières « demande au futur président de la République un nouveau cadre législatif pour régir les relations commerciales » entre industriels et distributeurs.
Malgré les intentions et les discours, tant des distributeurs que des industriels, la FNCL estime que les acteurs vont rejouer, d’ici la fin des négociations commerciales fin février, « le même psychodrame annuel ». Pour Dominique Chargé, qui tenait une conférence de presse jeudi 26 janvier 2017, les différentes réformes de la loi LME de 2008 – la loi Hamon, la loi Macron, la loi Sapin 2 entre autres – n’ont rien changé sur le fond.
La loi Sapin 2 a pourtant amélioré ce cadre législatif en intégrant dans les négociations, des éléments de rémunération du producteur dans les documents commerciaux. « Cette intégration est difficile à mettre en œuvre car elle n’est pas adaptée aux négociations. Les dispositions actuelles nous soumettent à un risque d’ingérence et d’intégration de la filière par les distributeurs. »
Selon le président de la FNCL, « certaines enseignes demandent encore des baisses de tarifs sur les produits laitiers » dans le cadre des négociations en cours, malgré la hausse actée sur le marché européen et mondial. « Il faut au contraire acter des hausses dans les contrats pour permettre aux producteurs de retrouver des prix satisfaisants. »
La FNCL réclame ainsi « un cadre réglementaire différent, une refonte de la LME, en intégrant une approche qualitative et de traçabilité sur les produits ». « On ne peut pas rester dans un dispositif dont les fondements de "guerre des prix" entretiennent une spirale déflationniste et destructrice d’emplois et d’activité dans nos territoires », a ainsi martelé Dominique Chargé.
« Besoin de 12 500 ETP dans les exploitations »
Toujours dans le cadre de la Présidentielle 2017, la FNCL formule six demandes à l’attention des candidats et, évidemment, du prochain locataire du Palais de l’Elysée, pour « améliorer la compétitivité des coopératives laitières ».
La FNCL souhaiterait un train de mesures pour faciliter l’embauche et l’installation des jeunes. « Nous estimons à 12 500 emplois équivalent temps plein supplémentaires le besoin estimé dans les exploitations laitières, pour mieux vivre et mieux gérer les astreintes et les contraintes du métier ». Ces emplois seraient finançables si les prix étaient plus rémunérateurs et les charges sociales moins élevées, selon la FNCL.
La Fédération demande aussi des mesures fiscales pour structurer la filière et mieux faire face à la volatilité, en « rendant possible les réserves défiscalisables dans les exploitations », autrement dit avec une réforme de la DPA, ou en reportant les charges sociales vers une TVA pour mettre à contribution les produits d’importation ».
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