« La gestion sanitaire choisie par le gouvernement et les dirigeants de la FNSEA est plus effrayante que la maladie elle-même. Vu le développement de la maladie et l'ampleur des mobilisations, il n'y aura pas d'autre issue » que « l'arrêt de l'abattage total », affirme le troisième syndicat agricole français dans son communiqué, appelant donc « à se mobiliser et à organiser des blocages partout en France pour en finir avec cette folie ».
Reçu vendredi par la ministre de l'Agriculture Annie Genevard, le président de la Coordination rurale Bertrand Venteau a, de son côté, appelé devant la presse à « continuer à manifester » pour faire valoir la « vaccination généralisée » demandée par son organisation.
« Il faut absolument une rencontre rapide avec Sébastien Lecornu (...) et avec Emmanuel Macron », a demandé M. Venteau.
Le président du deuxième syndicat agricole a aussi demandé à « défendre un maximum d'animaux », avec l'accord des éleveurs, chaque fois qu'il y « aura un nouveau cas » de DNC dans un élevage, afin qu'ils ne soient pas abattus, a-t-il précisé.
M. Venteau en a profité pour dénoncer l'envoi des forces de l'ordre face aux agriculteurs mobilisés dans une exploitation ariégeoise, estimant que cela avait « mis le feu aux poudres ».
Parallèlement, trois syndicats agricoles (la Confédération paysanne, la Coordination rurale et le Modef) ont annoncé vendredi un rassemblement qui se tiendra samedi devant la préfecture de Mont-de-Marsan dans les Landes, en soutien aux éleveurs « qui ont vu ou voient encore l'entièreté de leur troupeau abattue, alors que d'autres solutions sont possibles ».
La dermatose nodulaire contagieuse (DNC), non transmissible à l'humain, est apparue en France en juin, en Savoie. La stratégie mise en place depuis lors implique l'abattage de toutes les bêtes des foyers affectés, des restrictions de mouvements des troupeaux et une « vaccination d'urgence » de tous les bovins sur 50 km à la ronde. Cette stratégie est critiquée par des éleveurs et plusieurs syndicats, qui la jugent inefficace et appellent à une plus large vaccination.
Depuis, malgré ce dispositif, un autre cas de DNC a été détecté en Ariège. Le lendemain, un autre l'a été dans les Hautes-Pyrénées. Ce sont les premiers recensés dans ces départements depuis la détection du premier foyer en Savoie fin juin.
Ces cas sont apparus loin de la zone réglementée jusqu'ici, « preuve » selon la Confédération paysanne de « l'inefficacité de cette politique sanitaire basée sur l'abattage total et une vaccination restreinte », se désole le syndicat dans son communiqué.
« Le bras de fer avec la Ministre de l'agriculture a bien été lancé et va s'intensifier dans les prochains jours avec les prochaines mobilisations et les blocages qui s'intensifient », prévient la Confédération paysanne.
Vendredi, le gouvernement a étendu les zones de vaccination obligatoire contre la dermatose bovine dans le Sud-Ouest face « à la dégradation soudaine de la situation sanitaire ».
D'après la Confédération paysanne, la profession demandait « depuis plus d'un mois » l'élargissement « de la vaccination pour l'ensemble des départements 09 (Ariège, ndlr), 11 (Aude, ndlr) et 66 (Pyrénées orientales, ndlr) ».
« Cette demande consensuelle et responsable a essuyé un refus méprisant de la part du gouvernement appuyé par les dirigeants de la FNSEA », premier syndicat agricole en France, déplore la Confédération paysanne, pour qui « ce refus est un coup de poignard dans le dos » des éleveurs.
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