À plusieurs reprises dans ma carrière, j’ai croisé des vaches qui ne buvaient pas assez et qui sous-exprimaient leur potentiel et surtout qui gaspillaient une partie de la ration alors non digérée. Ce n’est pas parce qu’il y a en permanence un accès à un ou deux abreuvoirs que les vaches boivent suffisamment : le premier endroit où se manifeste un comportement de dominance est l’abreuvoir.
La pulpe déshydratée révélatrice d’un défaut d’abreuvement
J’en ai fait l’expérience dans le troupeau familial, mais il m’a fallu un certain temps pour comprendre que l’abreuvement était au cœur de la baisse de production : deux abreuvoirs à bascule de 1,5 mètre de long avec un bon débit pour 50 à 60 vaches maximum à 28-30 litres de lait. Ce n’était pas suffisant. Mais la démonstration a été flagrante lorsque la pulpe de betterave déshydratée a été ajoutée à la ration. Cet aliment réclame une mise à disposition d’une grande quantité d’eau pour se réhydrater dans le rumen et permettre son bon fonctionnement. En moyenne, pour 1 kg de pulpe de betterave déshydratée, il faut 15 à 20 litres d’eau et sept à douze heures pour que la réhydratation soit complète. Si ce n'est pas le cas, la pulpe assèche le rumen, finit sa réhydratation dans l’intestin et donne la diarrhée aux vaches…
La sanction a été sévère dans notre troupeau : 2 litres de lait par vache et par jour en moins et des animaux en diarrhée. La réhydratation de la pulpe dans le godet du télescopique la veille de la réalisation de la ration a réglé le problème mais n’était pas tenable en matière d’organisation du travail dans le temps.
Du manque de places à une carence en potassium
Plusieurs causes sont à l’origine d’un défaut d’abreuvement des vaches. Le plus souvent, il s’agit simplement d’un manque d’abreuvoirs dans un contexte d’agrandissement des bâtiments avec des animaux qui n’aiment pas se déplacer. Le mauvais positionnement de l’abreuvoir est aussi une cause fréquente : il ne doit pas être dans un recoin sombre, dans un cul-de-sac, coincé entre deux murs… sinon aucune dominée ne s’en approchera.
Le manque de débit d’eau n’est pas rare. Les vaches ne doivent pas attendre que l’abreuvoir se remplisse entre deux aspirations, sinon elles n’ingéreront pas suffisamment d’eau. L’odeur anormale, parce que l’eau est trop javélisée ou parce que l’abreuvoir est trop sale ne va pas encourager les vaches à boire. La présence de courants parasites avec des vaches qui lapent ou qui évitent de boire d’une traite est également à vérifier. Il ne faudrait pas de courant entre la langue et les pattes supérieur à 200 v en courant continu. En fonction des exploitations, la sensibilité des vaches peut être différente.
La pauvreté de la ration en potassium (K) : il m’est arrivé de rencontrer des vaches qui ne voulaient pas aller boire au moment où on les lâchait du cornadis avec des rations tout ensilage maïs + tourteau. Ces vaches se couchaient également à n’importe quel stade de lactation. L’ajout du potassium a complètement changé leur comportement à l’abreuvoir…il y a eu embouteillage.
Des rumens « pâte à modeler » signes de déshydratation
Il n’est pas si simple de prendre conscience du manque d’abreuvement. L’observation des vaches offre cependant un bon repère. Pour rappel, le rumen est un grand récipient de plus de 100 litres qui joue le rôle de réservoir quand l’eau manque et il est souvent difficile de s’en apercevoir… La palpation du rumen dans le creux du flanc gauche peut être révélatrice : la marque des doigts ne doit pas y rester comme si on les avait rentrés dans un bloc de pâte à modeler, sinon c’est le signe que le rumen est déshydraté. Après avoir pincé la peau, la présence d’un pli de peau plus ou moins persistant au niveau de la mamelle ou de la cuisse est également un signe de déshydratation. Des urines trop concentrées et chargées en sucre (plus de 4 brix mesurés sur le réfractomètre) sont un troisième élément. Enfin, des bouses liquides avec beaucoup de résidus est un autre signe. Alors, à vos abreuvoirs !!!!
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