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BoiteriesLes points clés pour prendre en charge une vache boiteuse

La boiterie est la troisième maladie en élevage, après les problèmes de reproduction et les mammites. Qui dit boiterie, dit baisse de l'activité pour l'animal, avec une multitudes de conséquences insidieuses. D'où l'importance de savoir repérer les boiteries, les reconnaître et agir au plus vite.

« Il existe trois types de boiteries : non infectieuse (fourbure), infectieuse (dermatite, fourchet), et mixte (panaris, abcès) », explique Nathalie Ducrest de l'entreprise MS Schippers à l'occasion d'un webinaire dédié. Selon elle, les pieds des bovins sont soumis à trois facteurs importants : l'habitat, l'alimentation et l'absence de prévention.

Et pas de secret : pour détecter une boiterie, il faut observer le troupeau. La vache boiteuse aura une démarche bancale, courbera le dos, dans certains cas ne posera pas le pied, et tentera de limiter ses déplacements au maximum. « La prise en charge doit être rapide pour éviter que l'état empire. Un cas de Mortellaro qui traine par exemple ne fera qu'empirer l'état de l'animal et les frais liés aux soins », ajoute-t-elle.

Boiterie détectée, objectif : lever le pied

Dès la vache boiteuse repérée, il faut lever le pied et intervenir. À ce stade, l'experte cite deux cas possibles :

- Vous êtes équipé d'une cage de parage : « Dans l'ordre, il faudra contenir l'animal, lever le pied, le nettoyer et observer. Rien ne sert de tailler pour rien, il faut d'abord poser un diagnostic. Une autre règle importante : connaître et reconnaître ses limites. Parfois, agir sera synonyme d'appel au vétérinaire ou au pédicure. »

- Vous n'êtes pas équipé d'une cage : « Inutile de bricoler à la dernière minute une installation de fortune. Il faudra dans ce cas faire intervenir un pareur ou un vétérinaire. L'idéal serait dans ce cas d'établir un planning de parage. » Nathalie Ducrest recommande un passage tous les mois pour faire les fraiches taries en préventif et passer les animaux nécessitant des soins curatifs.

Soigner une vache boiteuse

Catherine Lutz est vétérinaire practicienne dans le Bas-Rhin. Pour elle, les premiers soins se résument à :

- Identifier un gonflement : « Si vous ne voyez rien de particulier au niveau des onglons mais constatez un gonflement du pied, il s'agit d'un panaris. C'est la seule boiterie qu'on traitera aux antibiotiques et anti-inflammatoires. »

Panaris
Les trois critères principaux qui caractérisent le panaris sont : la soudaineté d’apparition, la sévérité de la boiterie et la symétrie de l’inflammation. (©Marc Delacroix)

- Si le pied n'est pas enflé (pas de panaris), il faudra réaliser un parage fonctionnel. « On administrera un anti-inflammatoire seulement si le décollement est un peu enflé ou s'il s'agit d'un ulcère de la sole chronique », explique-t-elle.

- Pose éventuelle d'une talonnette, « dans les cas où l'onglon sain est moins haut que l'onglon malade. Attention, il faudra l'enlever après 4 semaines. »

« Le pansement est utile seulement en cas de pose de crème, et devra être laissé trois jours max. Quant à la désinfection, elle n'est utile qu'en cas de problème infectieux. » Pour la vétérinaire, avant de penser au pédiluve, l'idéal est de laver les pieds des vaches. « Le lavage à l'eau claire est la meilleure prévention face aux dermatites », assure-t-elle.

Se former ou se faire accompagner

Comme l'explique Nathalie Ducrest plus haut, mieux vaut se faire aider plutôt que parer sans savoir faire et risquer d'empirer la situation. D'où l'importance de se former et/ou se faire accompagner. La vétérinaire complète en recommandant de se reformer tous les trois ans « pour ne pas s'enfermer dans une façon de faire qui serait mauvaise. »

Un parage coûte entre 8 à 20 €/paire de pied.

L'idéal pour les deux expertes en boiteries est de se faire accompagner pour avoir un regard extérieur. Cela passe par le parage préventif. Côté tarif, il faut compter un forfait déplacement + un prix par paire de pieds. « Certains ont un coût de déplacement élevé et un prix des soins plus faible pour inciter les éleveurs à faire du préventif plutôt que du curatif. Cela crée de gros écarts d'un pédicure à un autre. En moyenne, il faut donc compter entre 8 et 20 €/paire de pied. »

Chez Étienne Fourmont, éleveur dans la Sarthe, le parage a lieu deux fois par an. L'éleveur fait appel à l'entreprise Seenovia mais compte bien se former prochainement afin d'avoir la main en curatif si besoin. Il a d'ailleurs récemment posté une vidéo sur sa chaine Youtube à ce sujet :

Cliquez sur l'image pour lancer la vidéo

Rédactrice en chef de Web-agri

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