L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), dans deux avis scientifiques publiés mardi, a recommandé la fin de l'élevage des volailles en cage et de leur mutilation, pratiques qu'elle juge dangereuses pour leur bien-être. (Article mis à jour le 22/02/23 à 9h02)
Les avis du régulateur, réclamés par la Commission européenne, se basent sur des études ayant identifié les « dangers » auxquels sont exposés poulets de chair et poules pondeuses dans les élevages de l'Union européenne. À titre préventif, l'EFSA préconise entre autres de bannir l'élevage en cage - individuelle ou collective - responsable selon elle de « stress de l'isolement » ou « du groupe », de « restriction de mouvements » ou encore de « problèmes de repos » chez ces volailles. En remplacement de ce système de production, le régulateur européen lui préfère le système dit « volière » : des structures à étage avec perchoirs, et espaces de ponte pour les poules.
L'EFSA recommande dans le même temps de réduire la densité des élevages et d'arrêter les mutilations qui consistent par exemple à couper les crètes ou le bec de ces gallinacés pour éviter par la suite qu'ils ne se mutilent entre eux. Elle pointe du doigt aussi la nécessité pour ces volailles d'avoir accès à des espaces extérieurs, ou du moins à des « vérandas », et indique même que le bruit ambiant des élevages ne devrait pas dépasser 75 décibels.
Dans le cadre de sa stratégie « Farm to Fork » (« De la Ferme à la Fourchette »), la Commission européenne a sollicité ces avis scientifiques en vue de la prochaine révision de la législation européenne sur le bien-être animal. En août, l'EFSA avait de la même façon formulé un avis sur le bien-être des porcs d'élevage, et cinq en septembre sur celui des animaux durant le transport. Elle doit d'ici à mai se prononcer sur les veaux d'élevage, les vaches laitières, canards, oies et cailles.
« Des propositions extrêmes »
Pour les professionnels, la recommandation « la plus choquante est la proposition d'abaisser la densité d'élevage des poulets de chair conventionnels à un maximum de 1 kg/m³ », qui « demandera aux producteurs (...) de réaliser d'importants investissements à la ferme alors que le nombre d'oiseaux dans un poulailler devra être réduit de 72 % ».
« La mise en œuvre de propositions aussi extrêmes entraînerait la fermeture de petites et moyennes entreprises dans les zones rurales, une perte de compétitivité et une augmentation des importations, tout en faisant face à une augmentation massive du prix de la viande de volaille pour les consommateurs », s'alarment ces organisations.
Il s'agit de « recommandations sans précédent qui, si elles étaient appliquées en ces termes, conduiraient tout simplement à la disparition de la majeure partie du secteur avicole européen, viande et oeufs confondus », ont pour leur part réagi mardi soir dans un communiqué plusieurs organisations agricoles européennes, telles que la Copa-Cogeca et l'Avec, une fédération européenne des producteurs avicoles.
« Comment les producteurs de l'UE résisteront-ils à une concurrence internationale féroce qui n'applique pas des normes aussi élevées dans les exploitations ? », s'interrogent ces professionnels, invoquant une tendance déjà à la hausse des importations du Brésil, de Thaïlande et d'Ukraine.
Ces organisations agricoles soulignent que les scientifiques de l'Efsa, vu le mandat donné par la Commission, « n'ont pas pu aborder d'autres domaines que celui du bien-être animal et n'ont pas pu aborder, par exemple, l'impact socio-économique » de leurs recommandations.
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