Une enquête judiciaire a été ouverte mercredi en Gironde après le dépôt d'une plainte pour maltraitance dans un élevage de vaches laitières par l'association L214, a-t-on appris auprès du parquet et de la préfecture.
Dans une vidéo, l'association de défense des animaux dénonce « la situation catastrophique » de cette exploitation située dans la commune Les Peintures, dans le nord-est du département du Sud-Ouest. On y aperçoit, filmées de nuit, des vaches amaigries et couchées dans du lisier.
L'association, qui a déposé plainte auprès du parquet de Libourne, déplore aussi dans un communiqué des « conditions d'hygiène critiques (notamment lors de la traite automatique) » et un « environnement insalubre ». Elle appelle, avec l'association girondine « Ne crin plus rien » à « la fermeture immédiate de l'établissement ».
Après la communication de L214, le procureur de la République de Libourne, Olivier Kern, a diligenté une inspection de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP), accompagnée d'enquêteurs de la brigade de recherche de Libourne. Il fait état de « 13 animaux en mauvais état de santé sur un cheptel de 464 bêtes », qui avaient accès à la nourriture et l'eau. Trois d'entre elles ont été euthanasiées mercredi, précise le procureur dans un communiqué. La saisie du cheptel « n'a pas été ordonnée ».
Pas d'actes de maltraitance
La préfecture de la Gironde a de son côté indiqué dans la soirée que les contrôles effectués n'avaient pas mis en lumière « d'actes de maltraitance ». Mais une expertise vétérinaire vendredi permettra de « déterminer les cause exactes » de l'état des animaux en mauvaise santé.
Selon L214, « l'insalubrité de l'élevage » avait déjà été dénoncée par la Direction départementale des territoires et de la mer en 2021 auprès de la DDPP. La préfecture a déclaré cependant qu'« aucune plainte » n'a été reçue durant les cinq dernières années pour « maltraitance animale ».
La préfète de la #Gironde Fabienne BUCCIO a immédiatement demandé une inspection suite au signalement de @L214
— Préfète de la Nouvelle-Aquitaine et de la Gironde (@PrefAquitaine33) November 23, 2022
Plus d'info ?? pic.twitter.com/9EjQEvrCsT
Contacté par l'AFP, le propriétaire du Groupement agricole d'exploitation en commun n'était pas joignable dans l'immédiat.
Mais pour le président de la Chambre d'agriculture de la Gironde Jean-Louis Dubourg, il s'agit d'un élevage « dont la qualité du lait est contrôlée tous les jours par la laiterie ». « Il n'y a pas eu de remarques. Si tel avait été le cas, il y a longtemps que l'exploitation aurait été fermée », a t-il indiqué à l'AFP.
Le groupe fromager français Savencia, qui commercialise notamment les marques Caprice des Dieux, Tartare ou Elle&Vire, a toutefois indiqué à l'AFP « suspendre immédiatement la collecte laitière de cette exploitation ». Numéro 5 mondial avec 24 000 collaborateurs dans 31 pays, Savencia a enregistré au premier trimestre 2022 1,455 milliard d'euros de chiffre d'affaires.
Chez Sébastien Renier, « avoir assez de fourrage pour 155 vêlages, c'est un vrai stress »
La mécanisation sécurise l’entretien des haies bocagères
Laisser le couple mère/veau laitier ensemble la première semaine : ça a du bon !
Pourquoi les Allemands ont-ils un meilleur prix du lait ?
Sabine et Cédric Lecointe ont investi 200 000 € dans le robot de traite GEA DairyRobot R9500
Décision de l'UE sur le Mercosur : au Salon de l'agriculture, on crie à la « trahison »
La guerre au Moyen-Orient tend les prix des engrais azotés en Europe
Chez Matthieu Carpentier, le silo libre-service va fêter ses 50 ans
Guerre en Iran : hausse du gaz, du pétrole et des engrais, quels impacts pour l’agriculture ?
Les produits de grande consommation, l’arme anti-crise du lait de l’Unell