Le procès à Versailles de deux militants de l'association de défense des animaux L214, qui avaient caché des caméras dans un abattoir des Yvelines pour dénoncer la souffrance des porcs étourdis au CO2, a été reporté au lundi 4 septembre.
Les deux activistes, dont Sébastien Arsac, co-fondateur de L214, devaient comparaître devant le tribunal correctionnel pour « violation du domicile d'autrui » et « tentative d'atteinte à la vie privée par fixation, enregistrement ou transmission de l'image ». Mais le tribunal a décidé de renvoyer le procès « compte tenu » de l'envoi tardif, dimanche, d'une question prioritaire de constitutionnalité par la défense, qui demande si la notion d'« autrui » peut s'appliquer à une entreprise.
Les deux membres de L214, qui militent pour l'abandon de tout produit animal dans l'alimentation, avaient caché en décembre des caméras dans un abattoir des Yvelines, notamment sur une nacelle descendant les cochons dans le puits où ils sont étourdis au CO2 avant d'être saignés. Trahis par la chute d'une caméra, ils avaient été interpellés alors qu'ils venaient récupérer leur matériel, encagoulés, dans la nuit du 12 au 13 décembre. Quatre jours avant le procès, L214 a diffusé certaines de ces vidéos, qui entendent montrer la souffrance des animaux.
Les deux militants n'ont jamais été condamnés et, si leur procès constitue une première, c'est que les vidéos diffusées par L214 sont le plus souvent tournées par des personnes internes aux établissements incriminés, ou y ayant accès. L'étourdissement des porcs au CO2 avant saignée est légal. Mais pour L214, qui demande son interdiction, il constitue une méthode « systématiquement longue et douloureuse ». « Notre action était nécessaire pour faire cesser les infractions à la réglementation qui n'ont pas été stoppées par les contrôles des services vétérinaires », a considéré Sébastien Arsac à son arrivée.
Une enquête pour maltraitance contre cet abattoir est par ailleurs en cours, à la suite d'une plainte de L214, qui avait diffusé cet hiver de premières images montrant un employé frapper des porcs et leur administrer des chocs électriques.
Avant l'audience, une cinquantaine d'agriculteurs s'était réunie devant le palais de justice à l'appel de la FNSEA. Arborant des t-shirts siglés « La viande, j'en mange. Et alors ? », ils ont organisé un barbecue pour dénoncer « la déloyauté » des méthodes de L214, selon le président régional de la FNSEA d'Ile-de-France, Damien Greffin. L214 a publié depuis 2013 plusieurs vidéos montrant des dysfonctionnements dans des abattoirs français.
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