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En élevage laitierDes pistes pour ré-aménager son bâtiment à moindre coût

Sur la ferme expérimentale de la Blanche Maison (50), les bâtiments de l'atelier lait devraient évoluer tout en conservant l'existant au maximum. (©Chambre d'agriculture de Normandie)
Sur la ferme expérimentale de la Blanche Maison (50), les bâtiments de l'atelier lait devraient évoluer tout en conservant l'existant au maximum. (©Chambre d'agriculture de Normandie)

Comment améliorer son bâtiment d'élevage sans en construire un neuf ? En partant de l'existant, il est possible de le ré-aménager pour le rendre plus confortable tant pour les animaux que pour les éleveurs. Exemple à la ferme expérimentale de la Blanche Maison dans la Manche.

Sur la ferme expérimentale de la Blanche Maison en Normandie, le bâtiment principal où logent les vaches laitières est assez ancien (construit en 1981). Bien qu'il soit totalement amorti, il présente quelques inconvénients par son manque de confort tant pour les animaux que pour les éleveurs. Sa rénovation entre dans le cadre du projet « Hangar Staging » piloté par la chambre d'agriculture de Normandie. Son but : repenser à moindre frais les installations en élevage laitier.

Faire un état des lieux de l'existant

« Avant tout projet bâtiment, il faut réfléchir à la stratégie de l'entreprise et répondre à la question "à quel objectif le bâtiment doit-il répondre ?" », résume Lucie Morin de la ferme expérimentale. S'ensuit un état des lieux du bâtiment : « Il faut identifier ce qui fonctionne bien et qu'on veut garder, et ce qu'on doit améliorer. »

Dans le cas de la Blanche Maison, la stabulation des vaches laitière a été initialement équipée de logettes pour 50 vaches, puis réaménagée avec une aire paillée et partiellement agrandie pour abriter 90 vaches laitières, avec une salle de traite en épi 2x4, déjà agrandie en 2x5 postes. C'est l’évolution des effectifs qui impose de revoir le bâtiment ainsi que les installations de traite.

Plan de bâtiment d'élevage laitier
Les conseillers d'élevage se penchent sur la réorganisation du bâtiment pour fonctionner en deux lots de vaches. (©Chambre d'agriculture de Normandie)

Ci-dessous l'état des lieux pour chaque installation, et le projet retenu :

Une traite sans contraintes

Points positifsPoints négatifs identifiés sur l'installation actuelle
Traite peu bruyante, locaux lumineuxTraite trop longue, peu confortable, avec un matériel vieillissant et une circulation des animaux peu fluide

Dans le projet, les objectifs identifiés ont été de réduire le temps de traite, la rendre plus confortable et sécurisée, de pouvoir traire seul et en lots. Ainsi, la nouvelle salle de traite en TPA a été implantée dans le bâtiment existant pour profiter de la laiterie existante et la proximité de la nurserie. Les participants au projet détaillent leurs choix dans la vidéo ci-dessous :

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La circulation des animaux

Points négatifs identifiés

Salle de traite éloignée à l'accès au pâturage, croisement des circuits (lait/effluents par exemple) et circulation du matériel de distribution.

Aire d'attente inadaptée, accès à la fosse du trayeur, accès aux boxes de tri en sortie de traite

Pour plus d'efficacité et limiter les risques d'accidents, une bonne circulation est primordiale. À la Blanche Maison, l'objectif étant de conduire le troupeau en deux lots, il a fallu concevoir le bâtiment en deux parcs avec un système de tri efficace. Résultat en images :

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Focus sur l'ambiance, la luminosité et la ventilation

L'audit sur le renouvellement de l'air a été réalisé à l'aide de fumigènes et en utilisant l'application Shelt-air. « On a opté pour un système sans bardage et de type "toit d'usine" basé sur le décalage de toiture, favorisant l'ambiance et l'hygiène du bâtiment. »

De cette façon, la stabulation devrait être assez lumineuse sans rayonnement direct. Et pour la salle de traite, l'éclairage de type Led sera placé pour ne pas gêné, avec en complément des éclairages dans le sol sur les quais de traite pour éclairer les mamelles.

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Santé, bien-être animal et comportement

Points négatifs identifiés

Surface de couchage insuffisante, problème de ventilation et de luminosité.

Pour le futur bâtiment, les conseillers ont mis l'accent sur le nombre de places à l'auge, les points d'abreuvement (abreuvoirs à niveau constant avec entre 6 et 10 cm d'abreuvoir disponibles par VL), la surface de couchage, la contention, et l'ambiance globale du bâtiment.

Dans les parcelles en prairies, le système d'abreuvement a également été revu avec une abreuvoir dans chaque paddock.

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Concevoir le plan de la stabulation

Une fois passé l'état des lieux sur les installations existantes et le cahier des charges du futur bâtiment, les parties prenantes passent alors à la réalisation d'un plan pour valider le type de logement, le type de traite, et le dimensionnement et implantation de chacun des postes. « Le travail à plusieurs nous a permis d'imaginer plus de solutions que nous ne l'aurions fait individuellement », confie Lucie Morin.

S'en est suivi la réalisation d'une maquette volumétrique pour avoir une vision sur la circulation et le travail quotidien afin de valider ou modifier le plan initial. L'étape suivante consiste à réaliser une maquette numérique animée (pour valider plus de détails comme le sens d'ouverture de barrières).

Plan de bâtiment
Plan du futur bâtiment vaches laitières de la Blanche Maison (©Chambre d'agriculture de Normandie)

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