Face à la grippe aviaire, la France a choisi un laboratoire allemand, Boehringer Ingelheim, pour lui fournir jusqu'à 80 millions de doses pour vacciner les canards à l'automne, a appris l'AFP auprès du ministère de l'Agriculture mercredi.
La campagne de vaccination, très attendue des éleveurs, doit démarrer en octobre, selon le ministère de l'Agriculture, pour une période de six mois. Chaque canard recevra deux doses.
L'épizootie de virus de l'influenza aviaire, qui sévit en Amérique, en Europe et en Asie, a conduit à l'euthanasie de dizaines de millions de volailles ces dernières années en France.
Pour combattre ce virus hautement pathogène, « la vaccination des volailles les plus réceptives et sensibles a pour objectif de réduire l'excrétion virale pour ralentir la transmission, mais également de réduire le risque statistique de mutation du virus, limiter le nombre de personnes exposées et ainsi maîtriser le risque pour la santé humaine », soulignait récemment le Comité de veille et d'anticipation des risques sanitaires (Covars) dans un avis.
Pour cela, le gouvernement a publié mi-avril un appel d'offres « pour une commande initiale » allant jusqu'à 80 millions de doses de vaccins autorisés pour les espèces « canard mulard » (élevé pour le foie gras) et « canard de Barbarie », explique le ministère de l'Agriculture.
Trois laboratoires ont répondu : l'allemand Boehringer Ingelheim, le français Ceva santé animale et le laboratoire vétérinaire Zoetis France, filiale de l'américain Zoetis.
La candidature de Zoetis a été « jugée irrecevable » car son vaccin est autorisé uniquement pour l'espèce canard pékin, qui n'est pas ciblée par l'appel d'offres, fait valoir le ministère.
L'administration indique par ailleurs avoir privilégié la candidature de Boehringer Ingelheim car cette dernière permet de répondre à l'ensemble des besoins (en vaccinant à la fois les canards mulards et de Barbarie).
Si la décision de vacciner toute l'année est prise, un nouvel appel d'offres sera lancé, pour une commande supplémentaire de vaccins, ajoute le ministère.
Contacté par l'AFP, Ceva s'est dit « très surpris de ces commentaires du ministère alors même que les acteurs du marché ont jusqu'à dimanche pour contester cet appel d'offre ».
Le niveau de risque de la grippe aviaire vient d'être abaissé en France, passant mercredi de « modéré » à « négligeable ». La grippe aviaire n'a toutefois pas totalement disparu de l'Hexagone : quelque 17 500 dindes ont été abattues début juillet après qu'un foyer a été déclaré dans un élevage à Airon-Notre-Dame (Pas-de-Calais).
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