À Magny-Cours, au coeur du Nivernais, le cabinet vétérinaire est 100 % féminin.
De sacrées nanas, serait-on tenté d'écrire en sortant du cabinet dirigé, depuis octobre 2011, par Anne-Cécile Thirion et Anne Balthazart, avec l'aide de Sawsan Helal, vétérinaire salariée, Mireille et Jessica, les précieuses auxiliaires. Outre une clientèle rurale composée d'une soixantaine d'élevages bovins, dont un noyau de sélectionneurs charolais et une demi-douzaine de laitiers, la Selarl Balthazart-Thirion gère une activité canine et assure la certification à l'export de bovins vers les pays du sud de l'Europe.
TECHNIQUE
« Le premier hiver s'est bien passé, se félicitent les trois jeunes et jolies vétérinaires. On arrive à tenir la même cadence que les hommes. Peut-être s'économise-t-on plus dans certains de nos gestes ? Contrairement à des idées répandues, certaines interventions n'exigent pas de la force mais de la technique. » Le Dr Longatte dont elles ont repris l'activité avait, il est vrai, bien préparé le terrain. Encore en exercice à 65 ans, il n'hésitait pas à solliciter les éleveurs pour l'aider quand c'était nécessaire. Des habitudes étaient prises. « Quand on commence à sortir un veau, les éleveurs nous aident systématiquement. »
RENCONTRE
Encore très inhabituelle, cette histoire est d'abord celle d'une rencontre, celle de trois jeunes femmes partageant une vision commune du métier. « Quand Anne-Cécile m'a proposé de m'associer avec elle pour reprendre le cabinet, j'ai pensé que je n'aurais pas forcément l'occasion de retrouver une telle qualité de relation, explique Anne Balthazart. Ici, en effet, on se serre les coudes et on se rassure mutuellement quand c'est nécessaire. C'est un atout quand on débute sa carrière. » Recrutée il y a un an, Sawsan apprécie aussi l'ambiance familiale de la petite structure. « Ici, ce n'est pas les vétérinaires contre les éleveurs. On a récupéré une clientèle bien formée, avec une bonne relation de confiance à laquelle on tient beaucoup. On ne fait pas une césarienne en 20 min. On se pose. »
ASTREINTE
Alors que la pratique rurale est réputée physique et moins rentable, les dames de Magny-Cours démontrent que les femmes vétérinaires ne sont pas condamnées à ne faire que de la pratique canine. Deux entretiens d'embauche toutefois ont été nécessaires pour pourvoir le poste de salariée occupé par Sawsan. Seuls deux postulants, un homme et Sawsan, se sont présentés. « En hiver, c'est intensif. On est de garde deux nuits sur trois. On termine la saison avec la sensation d'être lessivées. C'est aussi un métier d'astreinte : en pleine saison de vêlage, on ne peut rien prévoir à l'avance. » Mieux vaut donc avoir des conjoints compréhensifs, des éleveurs charolais par exemple, comme c'est le cas pour nos trois interlocutrices. « Ils comprennent que le week-end, on ne fera pas un soufflé au fromage ! »
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