Président de la Cavac, coopérative de Vendée et des Deux-Sèvres, Jérôme Calleau devient président délégué d'InVivo. Éleveur laitier et céréalier, cet optimiste pragmatique a le collectif dans le sang.
La polyvalence est notre atout », explique Jérôme Calleau, évoquant ce printemps calamiteux et la mobilisation des ressources de fourrages : échange compost-paille en andains pour éviter de la broyer, récupération des pailles des colzas semences, aliment sécheresse à prix coûtant… Sa conviction : pas de problème sans solution. Son style : l'écoute, la sobriété et le respect.
AGIR ENSEMBLE
Fils de coopérateurs, petit-fils d'un pionnier du mutualisme vendéen, Jérôme a le sens du groupe. Au syndicalisme, il privilégie la voie de l'efficience économique, son cheval de bataille. La coopération y gagne un leader. C'est Daniel Rabiller, ancien président de la Cavac, qui a repéré ce jeune administrateur prometteur : « Jérôme est fidèle à ces deux principes : préserver le pouvoir des agriculteurs et leur apporterles bons outils au moindre coût… » Sans dogme ni a priori. « Il n'y a pas un système meilleur qu'un autre. Il suffit d'être cohérent avec ses choix », estime l'intéressé, qui pourrait s'enorgueillir d'un niveau d'étable à plus de 10 000 kg de lait. Une réussite mise à l'actif du Gaec. À cause de ses engagements nationaux, Jérôme est suppléant de ses trois associés et la ferme est équipée d'un robot de traite.
ARBITRER
« Avec lui, la discussion était libre et les règles clairement établies », se souvient son ancien directeur, Jean-Pierre Daspet. La Cavac compte 4 500 sociétaires, et 300 élus de base chargés d'animer la vie locale. Sa gouvernance repose sur des valeurs de confiance et d'équilibre. « En dix ans, je n'ai jamais vu Jérôme en position d'affrontement », témoigne François Moinard, céréalier, malgré des intérêts contradictoires et des débats animés entre tenants du végétal et de l'animal. Les « Plans Avenir Élevage » ont ainsi permis de sécuriser l'installation de jeunes. Face à la volatilité des cours des céréales, en pédagogue, il n'a jamais cessé d'expliquer comment lisser les prix et pourquoi soutenir des filières fragilisées. « La diversité est une chance pour maintenir un tissu humain important », défend-il, se nourrissant de la contradiction pour avancer. Mais il sait rappeler les engagements pris.
ALLER PLUS LOIN
Le Vendéen appelle à une solidarité qui ne soit pas de façade. Il conçoit ainsi sa nouvelle responsabilité de président délégué d'InVivo : les grosses structures peuvent tirer profit de la coopération avec les plus petites. De même que l'avenir des Vendéens se joue aussi au national, des relais de croissance sont à trouver hors de l'Hexagone. « Reconquérir de la compétitivité pour la ferme France ne se fera pas en claquant des doigts », prévient-il, conscient d'avoir à jouer l'équilibriste entre les marchés, la recherche d'innovations, les attentes sociétales… Gérer l'immédiat en visant le long terme, un défi à sa mesure.
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