Malgré la montée en puissance des taureaux génomiques, les polygéniques conservent une place privilégiée dans les plans d'accouplement.
LES TAUREAUX GÉNOMIQUES SONT PRÉSENTS POUR LA DEUXIÈME ANNÉE AU CATALOGUE, élargissant ainsi la diversité de l'offre génétique, avec des reproducteurs qui affichent des niveaux d'Isu élevés. La valeur de leurs index est cependant moins fiable (CD) que celle des taureaux polygéniques, puisqu'ils n'ont pas encore été confirmés sur descendance. Elle est donc amenée à évoluer, en plus ou en moins. « Les taureaux testés sur descendance restent très prisés car ce sont des valeurs confirmées et, dans le même temps, nous manquons encore de recul sur les génomiques après seulement deux années, souligne Aurore Grave, conseillère à BGS (Brune génétique service). Dans les plannings d'accouplement, nous recommandons d'ailleurs de limiter leur utilisation entre 35 et 40 % pour profiter du progrès et de la variabilité génétique qu'ils apportent, tout en tenant compte de leur plus faible fiabilité. »
LES VALEURS SÛRES !
Si l'Isu des taureaux polygéniques n'atteint pas les mêmes sommets, ils n'en restent pas moins des valeurs sûres.
À commencer par Volvic, Balou et Talc, les taureaux français les plus demandés. Inscrit depuis l'été 2012, Balou confirme la qualité de ses index sur les critères de morphologie, membres et mamelle, avec un défaut sur le TP (- 1,3). Le TP est en revanche le point fort de Volvic (1,4) qui pèche légèrement sur la fertilité (- 1,1). Talc est un laitier (880 kg) avec des qualités dans le format et les membres. Parmi les nouveaux taureaux testés sur descendance, Calcia est n° 1 français en Isu (151). Il est avant tout très laitier (1 021 kg), neutre en TP et bien noté sur les critères de santé de la mamelle. Une autre nouveauté, venue d'Italie : Zéphir, avec 178 d'Isu, est le taureau polygénique le plus complet. Ce fils de Zeus CH, disponible en semences sexées, n'est pas le plus laitier, mais il se distingue par l'excellence des taux (TP/TB : 3,4/4,4), combinée à la qualité des index de morphologie, membres et mamelle. Côté français, on notera encore l'inscription très récente de Cacao et Cicéron, deux taureaux testés sur descendance qui ont la particularité d'avoir des index basés à la fois sur les résultats de leurs filles et sur leur profil génomique. Ils ont ainsi obtenu à la sortie Interbull d'août un premier index sur descendance avec un CD de 80, et seulement une vingtaine de filles en lactation : « Il s'agit d'index combinés. Cacao a un profil plutôt laitier, avec un index de santé de la mamelle favorable et une origine moins répandue, il sera facile à utiliser. Cicéron est très axé développement, avec un bon bassin et un vrai point fort sur les fonctionnels (reproduction, santé de la mamelle). »
ANIBAL, LEADER MONDIAL GÉNOMIQUE
Témoin de l'évolution des index génomiques, Greenwich voit son Isu passer de 168 à 180 cette année. Disponible en semences sexées, il confirme sa valeur aussi bien au niveau des taux (TP : 1,8) que sur la morphologie (1,6) ou les fonctionnels (cellules : 1,1, fertilité : 0,6, longévité : 1,1). On citera aussi deux nouveaux génomiques très équilibrés, Goupil et Hard Rock, des taureaux « passe-partout ». Le premier, moins laitier (246 kg), compense sur les taux (TP/TB : 1,3/1,9) et les fonctionnels. Goldman, affiche quant à lui la qualité de ses taux (TP 1,4) associée à la santé de la mamelle (cellules : 1,3). Du côté des nouveautés génomiques venues de l'étranger, citons Anibal, leader mondial intergénomics avec un Isu de 196. « Son potentiel laitier (926 kg) et la qualité de ses index fonctionnels et morphologiques se passe de commentaires : morphologie (2,9), membres (2,4) et santé de la mamelle (1,9). » On lui pardonnerait presque le prix de la dose (52 €).
JÉRÔME PEZON

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