Le rebond des cours des produits industriels fin janvier laissait penser, mi-février, aux plus optimistes qu'en 2015, le prix du lait perdrait au pire ce qu'il avait gagné en 2014. Soit pour la plupart des laiteries entre 20 et 25 €/1 000 litres. Le coup de mou qui a suivi sur le marché mondial avec des achats chinois très en retrait, un embargo russe qui n'en finit pas et une collecte soutenue dans la plupart des pays laitiers, rendent cet atterrissage pour le moins improbable. Il faudrait un sacré rebond du prix du lait au second semestre pour y parvenir. D'après notre simulation (voir tableau ci-contre), il apparaît qu'avec les prix du lait pratiqués depuis le 1er janvier, la moyenne sur les douze derniers mois a, entre le 1er janvier et le 1er juillet fléchi dans la plupart des laiteries de plus de 30 €/1 000 litres.
Cette baisse du prix du lait dans un contexte de coût des intrants élevé a mis à mal les trésoreries. Le ratio coût de l'aliment acheté(1)/prix du lait (France-AgriMer) frôlait, avec les dernières données d'avril, les 30 %. Il n'était que de 22 % à la fin de l'été 2014, quand le prix du lait a amorcé sa chute. La pression du terrain aidant, la FNPL ne pouvait que passer à l'initiative. Mais dans les limites qui lui sont aujourd'hui imposées. À savoir, tenter de raisonner les GMS et les laiteries. Du déjà-vu qui n'a jamais abouti, les premiers persistant, quoi qu'ils en disent, dans la guerre des prix. L'évolution des prix de vente industriels des produits laitiers en chute libre depuis février en dit long sur le sujet. Quant aux laiteries, elles expliquent qu'il est difficile de ne pas payer le lait à son prix de marché si elles veulent rester dans la course.
JEAN-MICHEL VOCORET
(1) Source : Ipampa lait.
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