Ala suite de l'explosion du nombre de tests positifs aux inhibiteurs dans le lait, à partir de septembre 2014, le Cniel a envoyé à tous les éleveurs laitiers une affiche à mettre dans la salle de traite pour rappeler les bonnes pratiques d'usage des antibiotiques. De plus, la campagne de communication « Antibiotiques, j'ai le déclic » a été largement diffusée dans la presse agricole. Cet effort de sensibilisation semble porter ses fruits car « depuis la fin 2014, les résultats ne cessent de s'améliorer », annonce Marie-Pierre Vernhes, la directrice des affaires publiques de l'interprofession, sans vouloir apporter de données chiffrées.
Pour autant, des cas de tanks positifs en exploitation restent difficiles à expliquer et, sur le terrain, ils posent la question de la sensibilité du nouveau test mis en service le 1er janvier 2014. Un test dont la sensibilité a été améliorée, en particulier pour renforcer la détection des spécialités à base de tétracycline. De fait, le non-respect des délais d'attente semble désormais rédhibitoire : « Une part importante de l'augmentation des contrôles positifs était clairement liée à des pratiques à risques, mais il subsiste toujours un problème avec le nouveau test dont la sensibilité dépiste des résidus pourtant en dessous de la LMR (limite maximale de résidus) », expliquait un vétérinaire lors de l'assemblée générale de la SNGTV. « Des tanks sont déclarés positifs alors qu'ils sont en dessous de la LMR, confirmait un confrère, lui aussi en off: parce que nous ne pouvons pas en apporter la preuve, compte tenu de l'impossibilité de congeler les échantillons pour faire des contre-expertises. »
Sur ce sujet, l'Agence nationale du médicament vétérinaire n'a pas répondu à nos sollicitations et le Cniel exclut d'emblée toute polémique : « Les premiers signes d'augmentation de résultats positifs sont apparus à l'été 2013, soit six mois avant le changement de test. » Gérard Bosquet, secrétaire général de la SNGTV, rappelle que l'amélioration de la sensibilité du test est un faux problème : « Sur une analyse individuelle, il pourrait y avoir un résultat positif sous la LMR, mais pas sur un lait de mélange. Sauf peut-être dans des petits troupeaux ou dans des systèmes d'élevage avec des vêlages très groupés. »
2 à 3 % de cas non élucidés
Pour la filière, on comprend bien que le sujet est sensible. En matière d'image et de santé publique, pas question en effet de retrouver des traces d'antibiotiques dans les produits laitiers et les méthodes d'analyse validées par le ministère ne doivent laisser aucune souplesse en la matière. « Le test n'est pas à remettre en cause, même si comme toute méthode d'analyse, il n'est pas fiable à 100 %, insiste Gérard Bosquet. Il reste 2 à 3 % de cas inexpliqués sur lesquels nous continuons de travailler. »
Cela ne passera pas par la congélation des échantillons en laboratoire pour faire des contre-expertises, une option beaucoup trop coûteuse. « La sensibilité du test protège le marché et appelle à un retour au respect des bonnes pratiques. En cas de doute sur une molécule, il ne faut pas hésiter à interroger son vétérinaire. »
JÉRÔME PEZON
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