On attend dans les premiers jours de juin l'officialisation du rapprochement Entremont-Sodiaal.
À plusieurs reprises, on a annoncé à tort la fin du feuilleton Entremont- Sodiaal. Cette fois-ci, l'épilogue paraît imminent. Les 6 000 producteurs, dont 4 500 en Bretagne (moins les quelques-uns qui ont quitté le navire) vont enfin connaître officiellement le nom de leur nouveau groupe, Sodiaal. Pas de surprise. Difficile d'imaginer une autre option tant Paris, Bruno Le Maire en tête, a « mouillé sa chemise » pour pousser cette solution coopérative et faire barrage à celle de Lactalis. En cause : les équilibres futurs dans la filière française. Le mariage aurait d'ailleurs dû, comme l'avait dit le ministre de l'Agriculture, être célébré mi-mai. Un proche du dossier confirmait alors que Sodiaal avait enfin reçu l'aval des banques pour le niveau d'écrasement de sa dette, point sur lequel le dossier bloquait depuis des mois. Mais la rumeur dit qu'un nouveau grain de sable, en cours de résolution, est apparu avec la remontée des produits industriels… Albert Frère souhaitant obtenir une rallonge sur la cession de ses parts dans Entremont.
Le mariage prononcé, Jean-Pierre Carlier, consultant, s'interroge sur quatre points majeurs sur lesquels Sodiaal est attendu.
1. Quels efforts seront finalement demandés aux producteurs ? Vraisemblablement, les « Entremont » devront, comme Sodiaal l'avait dit, souscrire des parts sociales à hauteur de 6,20 €/1 000 l sur cinq ans, dont 3,80 € de participation exceptionnelle au titre de la restructuration et 2,40 € comme tout nouvel adhérent Sodiaal. Mais la coop confirmera- t-elle sa volonté de ne pas mettre ses adhérents historiques à contribution ? Sera-t-elle en mesure de continuer de payer le même prix du lait que les autres ?
2. Quelles restructurations industrielles ? Plusieurs usines d'Entremont, peut-être aussi de Sodiaal, devraient fermer, entraînant « au minimum 500 licenciements », sur les 4 000 salariés.
3. Quelle solidité financière et quels partenaires ? Sodiaal, encore en convalescence de rentabilité, n'a pas les ressources financières suffisantes pour reprendre Entremont sans contributions (celle de la Caisse des Dépôts à hauteur de 150 M€ est à confirmer) et ou partenariats. On peut penser à des entreprises régionales (Laïta, Agrial-Elle et Vire), nationales (Bongrain auquel Sodiaal est déjà associé dans la Compagnie des Fromages et Richemonts) ou européennes (Arla, Friesland Campina). Il faudra bien que le nouveau groupe démontre que sa structure financière est solide. Sinon, il sera dans l'obligation de vendre sa moitié de capital de Yoplait… pourtant stratégique pour lui car très rentable. Beaucoup plus que l'emmental.
4. Quelle stratégie commerciale? Sodiaal va devoir regagner des parts de marchés et de la rentabilité, non seulement sur le lait de consommation (débouché de 45 % de ses ressources laitières), mais aussi sur l'emmental, deux secteurs très concurrencés aujourd'hui ».
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