En juin 2009, Bongrain comptait parmi les industriels les plus opposés à la signature de l'accord sur le prix du lait. Après une année 2008 perturbée par la chute des cours des produits industriels et la crise économique (38 M€ de résultat net, contre 161,7 M€ en 2007 et 112,1 M€ en 2006), il craignait qu'un prix du lait français supérieur à celui des voisins européens, en particulier à l'Allemagne, dégrade une nouvelle fois ses résultats. « Le marché allemand est notre deuxième débouché après le marché français. Les deux marchés valorisent 60 % de notre collecte française », précise Bongrain.
Le fromager s'en tire mieux que prévu. Pour 2009, il affiche un résultat net de 44,5 M€, soit + 17 % par rapport à 2008. Ce résultat inclut le déficit de 18 M€ de sa filiale, la Compagnie laitière européenne, qui concentre les produits industriels. Autre bonne nouvelle : il a réduit son endettement de 375 M€ en 2008 à 260,8 M€ l'an passé.
Entamés en 2008, Bongrain a poursuivi ses efforts de restructuration et s'est focalisé plus que jamais sur ses fromages sous marques : fermeture de l'usine de Derval (Loire-Atlantique), réduction de ses effectifs de 3,5 %, regroupement de toutes ses forces de vente en une seule, actions publicitaires, y compris sur internet, innovations, baisse de ses tarifs dans les pays où le prix du lait a diminué pour dynamiser les volumes.
Introduire le comparatif de prix France-Allemagne
Bongrain a dû, en particulier, s'aligner sur les prix pratiqués en Allemagne pour combler le différentiel de prix de 35 €/1 000 l (qualité à 38/32) avec la France. Pas étonnant donc qu'il ait réclamé, à la rencontre Cniel sur le prix du lait du deuxième trimestre, la réintroduction du comparatif de prix France-Allemagne dans la liste interprofessionnelle des indicateurs de prix. Le groupe a mieux tiré son épingle du jeu en France. Ses marques (Caprice des Dieux, Coeur de Lion, Le Rustique, Saint-Agur) ont enregistré une « forte croissance », notamment grâce à l'appel d'air créé par la loi de modernisation économique (LME) pour les marques d'entreprises. « La LME a interdit les marges arrière, ce qui a permis de baisser les prix de nos marques et de réduire l'écart de prix avec les marques de distributeurs. En période de crise, cette évolution a conforté les consommateurs dans leur attachement aux grandes marques. » Ils ont aussi confirmé leur attachement aux fromages. En 2009, le marché français a progressé de 0,7 % et en Allemagne de 0,9%.
CLAIRE HUE
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