Phénofinlait, l'ambitieux programme de recherche engagé par la filière laitière en 2008, pourrait créer une petite révolution dans la connaissance de la composition du lait. Alors que, jusqu'ici, on se contentait de mesurer le TP et le TB, ce projet vise à analyser et à maîtriser les composants fins du lait, notamment les acides gras et les protéines. Un tel programme a pu voir le jour grâce aux avancées de la science.
D'une part, les laboratoires des contrôles laitiers sont capables de mesurer ces éléments à l'aide de leurs analyseurs par spectrométrie en moyen infrarouge. D'autre part, grâce à la génomique et à l'arrivée des puces de génotypage à haut débit, il est possible d'évaluer plus finement le potentiel génétique des animaux.
Depuis novembre dernier, une vaste enquête sur le terrain a débuté. Pour les bovins, elle concerne 1 200 élevages et près de 12 000 femelles. Le but est d'alimenter une importante base de données afin d'entreprendre un travail de recherche. Les enregistrements portent sur trois domaines : l'analyse des composants fins du lait de chaque vache (phénotypage), le décryptage de leur ADN (génotypage) et leur mode d'alimentation. Ce programme cible des animaux holsteins, normands et montbéliards, mais bon nombre de résultats devraient être rapidement transposables à toutes les races laitières.
Ce projet doit se dérouler jusqu'en 2012. À terme, il permettra d'évaluer la part de la génétique, l'effet du milieu ainsi que les interactions de ces éléments dans le lait. Ensuite, les éleveurs disposeront de deux outils pour mieux les maîtriser : l'alimentation et le choix des reproducteurs. Toute la filière(1) s'est fortement mobilisée autour de ce projet. Une enveloppe de 4 M€ a été réunie pour le mener à bien. La France se place ainsi dans le peloton de tête de la recherche dans ce domaine. Les enjeux sont de répondre aux nouvelles attentes des consommateurs sur les effets des produits alimentaires sur la santé, et de contrecarrer certaines attaques subies par les produits laitiers. Mais ce programme soulève de nombreuses interrogations. Ces composants fins seront-ils pris en compte dans le paiement du lait ? Peut-on facilement modifier l'équilibre de ces éléments ? Certains systèmes d'élevage sont-ils plus favorables que d'autres à la production d'acides gras à fort intérêt nutritionnel ? Autant de questions auxquelles la filière devra répondre au fur et à mesure de l'avancée de ce projet.
NICOLAS LOUIS
(1) Le Cniel, FGE (France génétique élevage), les contrôles laitiers, les coopératives d'insémination, l'Institut de l'élevage, l'Inra…
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