Lors de leur congrès, les membres d'EDF sont venus nombreux en France pour découvrir son élevage. Si la complexité du système leur échappe toujours, ils sont partis rassurés quant au risque de concurrence.
C'est La Baule (Loire-Atlantique) qui a accueilli le congrès 2016 du réseau EDF fin juin. Ces éleveurs recherchent le partage d'expériences et d'idées pour pouvoir progresser sur leurs exploitations. Ils étaient près de quatre cents venus de toute l'Europe, avec de nombreuses interrogations sur les particularités du modèle français. Car la France intrigue. Sa gestion administrative des quotas n'a jamais été comprise par les pays voisins. Son manque de volonté de croissance ou ses envies de régulation interpellent aujourd'hui.
À l'issue de trois jours de conférences et surtout de visites de fermes, les éleveurs européens ont compris la diversité des systèmes existant en France, en lien avec la variété des contextes pédoclimatiques. Ils ont observé que les résultats économiques ne sont pas directement liés au modèle choisi. Contrairement à ce qui se passe chez eux, il existe de multiples manières de gagner de l'argent avec le lait en France. Mais de nombreuses questions restent sans réponses. Et surtout, de nouvelles interrogations ont surgi. Pourquoi la France ne développe-t-elle pas sa production alors qu'elle dispose de tellement d'atouts ? Pourquoi les éleveurs laissent-ils les laiteries bloquer les évolutions des livraisons alors que les quotas ont disparu ? Des Allemands évoquent le communisme quand ils découvrent les modes de gestion des volumes !
« Pourquoi n'exploitez-vous pas l'herbe ? »
Les visites de fermes amènent des commentaires. Il y a trop de main-d'oeuvre dans les exploitations, le revenu ne peut pas être à la hauteur quand chacun produit si peu. Les élevages sont suréquipés pour la traite, mais aussi pour les travaux des champs. La volonté affichée des éleveurs français de disposer de temps libre est souvent mal comprise. Pour cet éleveur anglais : « On travaille pour gagner de l'argent, pas pour avoir des week-ends ! »
Autre remarque fréquente, surtout de la part des Irlandais : « Mais pourquoi n'exploitez-vous pas l'herbe ? » Avec des surfaces disponibles importantes et peu coûteuses, ils ne comprennent pas le manque d'intensification fourragère.
Les conversations vont bon train pendant le dernier dîner. Les participants sont unanimes pour saluer la convivialité et le savoir-vivre des Français. Mais ils restent sceptiques sur la compétitivité de la filière.
Implacable, cet éleveur allemand assène : « Je sais maintenant que nous n'avons rien à craindre des Français. Vous n'êtes pas des concurrents pour nous... »
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