Les producteurs du groupe Ermitage (près de 500 Ml collectés) mesurent plus que jamais leur chance. Celle d'appartenir à une entreprise spécialisée dans les fromages (60 000 t de pâtes molles, emmental, raclette et fromages AOP et IGP) moins exposée que d'autres au marasme des produits industriels. Ils touchent surtout du doigt l'intérêt d'être dans une coopérative potentiellement distributrice de compléments de prix. Et ils sont conséquents depuis des années, en lien avec les performances du groupe. En 2015, il a encore dégagé un résultat net de 9,5 M€ (10,4 M€ en 2014) pour un chiffre d'affaires de 372,6 M€ (369,4 M€ en 2014). Ces compléments tombent à pic alors qu'en 2015, le prix moyen d'acompte a baissé par rapport à 2014, d'après notre Observatoire (p. 82), d'un peu moins de 50 €/1 000 l, à 328 € de moyenne (lait à 38/32, qualité super A prime de froid incluse). Au titre de la seule saisonnalité, les producteurs historiques de l'Ermitage - les Lorrains de l'Union laitière vittelloise - recevront un complément de 14,70 €/1 000 l. Il était de 8,30 € en 2014. À cette bouffée d'oxygène s'ajoute, pour ceux en qualité super A toute l'année, un bonus pouvant atteindre 7 €/1 000 l avec du lait à 38/32.
Près de 360 €/1 000 l en moyenne payés en 2015
De leur côté, les Francs-Comtois de l'UAC-CLFC, associés à l'Ermitage, recevront un complément de 4,32 €/1 000 l. Il s'ajoute aux primes de saisonnalité versées de juillet à décembre, l'équivalent annuel de 6 €/1 000 l. Fort de ces bonus, le groupe annonce un prix moyen 2015, toutes primes et qualité comprises, de 358,78 €/1 000 l (400,61 € en 2014).
Étape importante dans la vie du groupe, 2016 verra l'entrée en production de la tour de séchage, sortie de terre sur son site de Bulgnéville (Vosges). Elle lui permettra de valoriser son lactosérum qui, jusqu'alors, était traité par Lacto Serum France, à Verdun (Meuse) avec, à la clé, d'importantes économies sur les coûts de transport. Cette usine a aussi pour vocation de stocker du lait en période excédentaire sous forme de poudre pour la réincorporer ensuite dans les fabrications fromagères du groupe.
JEAN-MICHEL VOCORET
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