Bien vivre de son métier, ce n'est pas seulement être performant techniquement et dégager la rémunération souhaitée. C'est aussi ne pas se sentir débordé et, si l'on travaille avec d'autres (associés ou salariés), développer un projet cohérent avec ses partenaires. Qui ne connaît pas dans son entourage des Gaec qui explosent pour mauvaise entente ou des fermes dans lesquelles les salariés « défilent »? « Il y a un lien direct entre organisation, relations dans le travail et résultats économiques », affirme Sophie Marçot, du BTPL (voir aussi p. 13). Elle accompagne les éleveurs dans cette dimension de leur exploitation. Message reçu cinq sur cinq par les douze éleveurs, accompagnés pour certains de leur apprenti ou de leur stagiaire, les 21 novembre et 19 décembre à Breteuil-sur-Iton (Eure). Management des salariés et des stagiaires, relation père-fils, projets personnels et d'entreprise, motivations, priorités dans le travail, communication entre associés : ces préoccupations ont égrainé les deux journées de formation. Entre les deux, les stagiaires sont passés aux travaux pratiques. Par exemple, l'achat d'un bureau pour chaque associé dans une pièce déjà dédiée au Gaec. « Avoir un espace réservé au Gaec où arrive le courrier, sont rangées les informations comptables, se tiennent les réunions d'associés... est indispensable à une bonne communication », approuve Sophie Marçot. D'autres ont acheté des grands tableaux blancs pour inscrire les tâches de l'employeur et du salarié. « Avec une priorité pour ce qui est à accomplir, conseille-t-elle. Il faut donner des objectifs clairs au salarié mais définir aussi les siens. » Une astuce que l'on peut appliquer entre les associés.
« Avoir un plan de vol »
Plus fondamentalement, il revient à chaque producteur de définir ses objectifs et la stratégie pour les atteindre. Certains veulent privilégier la qualité de vie, d'autres produire plus de lait. « L'entente dans un Gaec repose sur une vision à moyen terme de l'entreprise, que les associés ont pris le temps de définir, analyse-t-elle. Si l'objectif est clair, le cap est plus facile à tenir en cas de difficultés. »Cette approche est utile aussi en individuel pour résoudre, par exemple, un problème de main-d'oeuvre. « Si, à première vue, le salariat est la solution, il ne faut pas s'interdire d'en explorer d'autres. Il est un moyen, pas un objectif. » Des jeux de rôles, une visite d'exploitation (ci-contre), des films courts sur des scènes de la vie quotidienne contribuent à se poser toutes ces questions.
CLAIRE HUE
God Save the Beef : les races britanniques gagnent du terrain dans les prés français
« La seconde salle de traite nous aidera à résister à la baisse du prix du lait »
Manitou, Duro, Arland, Laforge… Reportages au cœur du machinisme à la française
Le gouvernement veut appliquer des mesures fiscales en faveur des agriculteurs
L. Jacquin et J. Lecrosnier : « Robot et pâturage ne sont pas incompatibles »
Viande bovine : + 8 % en rayon, contre + 34 % payés aux producteurs
« Bloquer les abattages, c’est risquer la dermatose bovine dans toute la France »
Taxe carbone : l'UE fait finalement une exception pour les engrais
Une réforme du calcul des cotisations sociales agricoles à compter du 1er janvier 2026
Trois hivers de mobilisation : une ère d'incertitudes pour les agriculteurs