La Prospérité Fermière a mis en place, depuis 2006, la collecte du colostrum issu de la première et de la deuxième traites, d'abord auprès de ses adhérents, puis au-delà de sa zone d'implantation du Pas-de-Calais, du Nord et de la Somme, dans les départements de l'Aisne et de la Loire-Atlantique. Au total, 1 200 éleveurs, dont 40 % d'adhérents, livrent l'équivalent de 350 000 l/an d'un produit rémunéré cinq fois le prix du lait. « Chaque livreur est équipé d'un pèse-colostrum qui lui permet de classer le produit selon sa richesse en immunoglobulines et de l'étiqueter avec un code-barres pour une complète traçabilité. Il l'achemine ensuite vers l'un de nos 29 points de collecte où il est congelé, puis transféré sur notre site industriel de Saint-Pol-sur-Ternoise, explique Alain Troalen, directeur des approvisionnements. Là, après décongélation lente, les colostrums sanguins et pauvres en immunoglobulines sont écartés. Les produits retenus sont séchés dans une unité spécifique, selon un process qui préserve l'intégralité de leurs principes actifs. »
Une niche à forte valeur ajoutée
Via sa société Ingrédia, la coopérative commercialise le colostrum en poudre pour l'allaitement des veaux, des porcelets et le pet-food en Europe, mais aussi pour la consommation humaine en Asie. « Le marché européen est un marché de niche à forte valeur ajoutée, alors que le marché hors UE, où Fonterra est le premier fournisseur, est en forte croissance mais très concurrentiel. » Déjà implantée dans cette zone, la société mise sur la traçabilité de sa filière made in France pour développer ce créneau et cherche donc des éleveurs fournisseurs de matière première.
JÉRÔME PEZON
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