Dans un communiqué du 11 juillet, la FNH (fondation pour la Nature et l’Homme) a posé sans ambages la question de l’avenir de l’élevage bovin en France, qui, selon elle, serait menacé par une trajectoire délétère d'agrandissement des fermes et d'accroissement de la productivité. Selon l’ex-fondation Hulot, ce parti pris entrainerait un appauvrissement des éleveurs embarqués dans la spirale de l’endettement et fragilisés par la conjoncture économique, ainsi qu’une dégradation accrue des écosystèmes. Face à cette analyse, l’organisation plaide en faveur d’une mutation fondée sur l’agroécologie permettant d’assurer de meilleures conditions socio-économiques pour les éleveurs et d’influer positivement sur l’impact environnemental de la filière.
Les travers du « business as usual »
Sur une échelle de A à E, la FNH attribue un D aux politiques publiques agricoles actuelles. « Conserver la trajectoire actuelle "business as usual", c’est-à-dire l'agrandissement, la concentration, la spécialisation et l'intensification, c’est accroître les impacts socio-économiques et environnementaux de l’élevage bovin en particulier sur l’érosion de la biodiversité, la dégradation de la ressource en eau et des sols, le changement climatique, l’atteinte d’un niveau de vie décent, la dégradation de la cohésion sociale, la vulnérabilité alimentaire, et les atteintes au bien être animal », selon le rapport.
Afin d’établir ce diagnostic, la FNH s’est basée sur une grille d’analyse des enjeux de durabilité du système alimentaire français élaborée en 2020 par le Basic (Bureau d’analyse d’analyse sociétale d’intérêt collectif). Cet outil permettant de quantifier les effets des modes de production agricoles des 20 dernières années sur les éleveurs et la nature, a permis de définir 15 indicateurs socio-économiques et environnementaux. La fondation pour la Nature et l’homme a conclu que les effets néfastes engendrés par ce modèle pourraient empirer sans inflexion de cette trajectoire.
La solution de l’agroécologie
En vue de sortir de cette impasse, la fondation prône la doctrine du « produire moins et mieux », favorisant « un modèle d’élevage agroécologique, majoritairement pâturant, autonome pour l’alimentation animale, utilisant pas ou peu d’intrants chimiques, qui peut être généralisé à condition de réduire les volumes de production et de consommation ».
Selon la FNH, cette transition bénéficierait aux éleveurs en raison du gain en efficacité des fermes de l’agriculture biologique, en plus d’avoir un effet notable sur la préservation de la biodiversité et la réduction des impacts sur le changement climatique. Dans cette optique, la fondation souligne l’opportunité du Pacte et de la Loi d’Orientation et d’Avenir agricoles pouvant influer sur les tendances de concentration et de spécialisation des exploitations, contre-productive dans le cadre des enjeux de renouvellement de génération et favoriser la transition agroécologique.
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