Les éleveurs de bovins et de chevaux vont être autorisés à effectuer des tirs de défense contre les loups pour protéger leur troupeau, même lorsque celui-ci n'aura pas été déjà attaqué, selon un arrêté publié dimanche au Journal officiel.
Cet texte daté de samedi vient modifier l'arrêté du 21 février 2024 en supprimant une condition qui prévoyait que ces tirs pouvaient intervenir lorsque le troupeau avait subi au moins une prédation attribuée au loup au cours des 12 derniers mois.
Cet arrêté signé par la ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher et la ministre de l'agriculture, et de la souveraineté alimentaire, Annie Genevard avait été préalablement mis en consultation depuis le 10 juin.
Le texte liste une dizaine de mesures « de réduction de la vulnérabilité » à la disposition des éleveurs de bovins et d'équins qui devront mettre en oeuvre au moins une d'entre elles (vêlage en bâtiment, rassemblement des troupeaux surtout la nuit, inspection et visites fréquentes, etc.) pour justifier ensuite des tirs.
Logique de régulation
Ce texte « permettra de pouvoir opérer des tirs, dans les espaces où les troupeaux sont menacés, même lorsqu'il n'y aura pas (eu) d'attaque pour qu'on entre vraiment dans une logique de régulation », avait annoncé le 28 mai la ministre Annie Genevard devant les sénateurs.
« Au 12 mai 2025, ce sont déjà 759 attaques et 2 617 bêtes prédatées. Les préjudices sont considérables », avait-elle indiqué. Le ministère avait précisé que l'arrêté ne s'appliquera pas aux éleveurs ovins et caprins.
Le loup « en bon état de conservation »
Cet arrêté vient en application de la loi d'orientation agricole adoptée en début d'année qui prévoit que « compte tenu de l'absence de moyens de prévention efficaces disponibles, des tirs contre les loups peuvent être autorisés pour la protection des troupeaux de bovins, d'équins et d'asins (ânes), sous réserve que des démarches en matière de réduction de la vulnérabilité de ces troupeaux aient été engagées par les éleveurs ».
Pour Mme Genevard, l'espèce du loup « est désormais dans un bon état de conservation et nous pouvons affaiblir sa protection ». Les eurodéputés ont entériné début mai le déclassement du statut du loup, qui sera désormais sur le territoire de l'UE une espèce « protégée » et non plus « strictement protégée ». Cette évolution facilitera les tirs et l'abattage au grand dam de défenseurs de la biodiversité.
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