En bovin viande, l’étude s’appuie sur l’analyse des consommations de carburant de 250 exploitations des réseaux d’élevage, consommations complétées par une enquête sur les équipements motorisés.
![]() « Le type de système fourrager apparaît comme un facteur explicatif des écarts de consommation. » (© Terre-net Média) |
De 50 à 100 litres de fioul par ha de Sau
Les résultats issus des exploitations spécialisées en bovins viande montrent que les consommations de carburant varient de 20 à 35 litres/100 kg de viande vive (kgvv), soit entre 53 et 101 l/ha Sau.
Ces consommations sont statistiquement différentes d’un système fourrager à l’autre. « Les différences proviennent d’une part des quantités de fourrages récoltées ; d’autre part, des heures de tracteur nécessaires par hectare » résumait Emmanuel Beguin.
Les naisseurs plus économes
L’analyse des résultats par type d’atelier montre également que les exploitations de type ‘naisseur’ sont en moyenne plus économes à l’hectare avec une consommation moyenne de 72 l/ha Sau, contre 98 l/ha Sau pour les naisseur-engraisseur.
Mais au final, la consommation de carburant par Ugb est identique entre les deux systèmes (environ 70 litres), « car le chargement est plus élevé chez les naisseurs-engraisseur par rapport aux naisseurs » (1,58 Ugb/ha Sfp vs. 1,05 Ugb/ha Sfp).
Moins de tracteurs chez les naisseurs
Par ailleurs, les résultats indiquent également que les éleveurs naisseur-engraisseurs ont besoin de 17 h de traction/ha Sau, contre 14 h pour les naisseurs, avec en outre plus de puissance à l’hectare (3,45 cv vs. 3 cv). L’explication se trouve au niveau de la productivité de la Sfp récoltée, supérieure chez les naisseurs-engraisseurs : en effet, la part de maïs dans la Sfp est plus importante chez ces derniers. « L’effet de la productivité de viande vive par Ugb, plus faible chez les naisseurs, ramène le niveau moyen de consommation de carburant à 26 litres contre 22 litres chez les naisseurs-engraisseurs. »
Grande variabilité
Pour autant, les spécialistes de l’Institut de l’élevage ont constaté une grande variabilité (environ 30 %) dans les résultats obtenus chez les naisseurs. « On a mis en évidence que les naisseurs qui consomment le plus de carburant ont une surface récoltée plus importante dans la Sfp et un rendement plus faible des hectares récoltés. Chez eux, la mécanisation des surfaces est plus importante, ce qui engendre logiquement plus d’heures de tracteur et de puissance par hectare de Sau », expliquait Emmanuel Beguin. Les résultats sont indiqués dans le tableau ci-dessous.
| Naisseurs | Taux de récolte** | Tonne MS/ha Sfp récoltée | Heure de tracteur/ha Sau | Nb CV/ha Sau | Taux de charge | Litres de carburant/h |
| 'Eco' | 53% | 4,3 | 11,2 | 2,9 | 24% | 4,1 |
| 'Conso' | 85% | 3,7 | 15,8 | 3,3 | 31% | 6,6 |
* Naisseurs ‘économes’ = 41 l/ha. Naisseurs ‘consommateurs’ = 93 l/ha.
** % d’ha récoltés sur l’ensemble des coupes sur la Sfp.
Cette étude montre donc qu’en bovins viande, les écarts de consommation de carburant constatés sont partiellement expliqués par la nature des surfaces fourragères et par le niveau d’intensification.
« Cette étude a donc permis d’établir des valeurs repères adaptées aux conditions de production. Ces valeurs restent toutefois à valider sur des échantillons plus importants. En outre, il faut approfondir le lien entre les écarts de consommation et la part de l’herbe : pour cela, nous avons besoin de références actualisées sur les consommations optimales des différents types de matériel pour chaque type de tâche. Ce type d’information permettrait alors de mieux diagnostiquer les pratiques en élevage… et donc d’identifier les leviers d’actions ! »
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