Cette étude inter-instituts – menée avec l’appui de l’Ademe – a donc été menée en 2006 auprès de 90 élevages de porcs. Elle révèle un certain nombre d’information.
D’une part, le niveau moyen de consommation est plus élevé chez les naisseurs-engraisseurs avec 983 kWh/truie/an que chez les naisseurs (403 kWh/truie/an) ou les post-sevreur-engraisseurs (25 kWh/porc produit).
Ensuite, l’électricité est la première source d’énergie utilisée puisque 76% des élevages interrogés l’utilisent, loin devant le fioul pour groupe électrogène (13%), le fioul pour chaudière (8%) ou le gaz pour chaudière (3%).
Par ailleurs, par stade physiologique, le poste post-sevrage est le plus énergivore avec 36%, devant l’engraissement (27%) et la maternité (22%). « On s'est également aperçu que 85% de l’énergie consommée servait à ventiler et à chauffer les bâtiments » précise le spécialiste. Or, ventilation et chauffage sont deux paramètres déterminants qui nécessitent une gestion rigoureuse pour, d’une part offrir aux animaux la meilleure ambiance possible, et d’autre part économiser de l’énergie.
Ces informations sont bien évidemment des moyennes, dont les variations peuvent s’expliquer par différents facteurs.
À la loupe
Le premier d’entre eux concerne la localisation des bâtiments (voir carte). D’une manière globale, les consommations moyennes les plus faibles sont relevées dans les zones tempérées (919 kWh/truie/an). Les consommations moyennes les plus fortes sont étonnamment observées dans les zones intermédiaires (1060 kWh/truie/an), tandis que les consommations moyennes intermédiaires se retrouvent dans les zones froides (1007 kWh/truie/an), «
car l’indice de consommation global est dégradé en zone froide car les animaux surconsomment ».
Le second facteur porte sur le niveau d’automatisation des élevages. Généralement, les élevages de grande taille sont plus automatisés et consomment donc davantage. Par ailleurs, le système d’alimentation en soupe aura tendance à relever le niveau de consommation énergétique du fait de moteur plus puissant et de volumes distribués plus importants.
Enfin, le 3e facteur d’explication porte sur l’âge et le niveau d’isolation des bâtiments. L’enquête a en effet montré que la qualité de l’isolation est fortement liée à l’âge de construction des bâtiments. « Or, c’est une lapalissade de dire que le niveau d’isolation a un impact direct sur les dépenses de chauffage ! » en moyenne, l’enquête a montré que des bâtiments construits avant 1992 consommaient en moyenne 1095 kWh/truie/an, contre 890 kWh/truie/an pour ceux construits après cette date.
Pour réduire la facture énergétique tout en conservant un niveau de rentabilité de l’élevage correct, il faut donc trouver le juste compromis entre les performances techniques de l’élevage et l’adaptation des matériels. Cela passe donc d’une part, par une optimisation des bâtiments et des équipements et d’autre part, par un raisonnement des pratiques en élevage destiné à réduire les pratiques trop énergivores.
Chez Matthieu Carpentier, le silo libre-service va fêter ses 50 ans
Quand l’occupation gratuite devient-elle une donation rapportable ?
« J'ai toujours la même pailleuse, une occasion achetée 1 500 € il y a 20 ans »
Irlande, Italie, Allemagne, Pologne… Comment nos voisins gèrent la décapitalisation bovine ?
Prix du lait 2025 : comparer le prix de votre laiterie à celui des voisines
Quand déclencher le premier apport d’azote sur prairie ?
Engrais, élevage, légumineuses, les enjeux d’une indépendance azotée pour l’agriculture européenne
Les industriels privés demandent l’aide des producteurs
Déclin agricole français : analyser les causes... pour préparer le rebond ?
Les seuils de déclaration environnementale relevés pour les élevages bovins