Les pharmaciens, ayant droit du médicament vétérinaire, appelent à un changement effectif des comportements, dans une conférence de presse tenue le 23 novembre dernier.
![]() « Je ne comprends pas qu’on puisse bafouer un décret», déclare Jean-Charles Tellier, président de l’Ordre des pharmaciens (© NPetit) |
En avril 2007 est sorti un nouveau décret changeant les règles de prescription et de délivrance des médicaments vétérinaires. A l’évidence, 6 mois après, devant l’absence d’évolution des comportements, l’Ordre des pharmaciens se mobilise pour l’application formelle de ce décret. L’Ordre dénonce la situation de quasi monopole de dispensation des médicaments par les vétérinaires, confortée par un sondage réalisé auprès de 1000 éleveurs représentatifs. « Nous avons commandité une enquête pour faire le point sur les habitudes des éleveurs et des vétérinaires », présente Philippe Lépée, de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine. « Au travers des résultats de ce sondage, on voit que le libre choix est assez limité à ce jour. 96,7% des éleveurs déclarent ressortir du cabinet vétérinaire le plus souvent avec une ordonnance et les médicaments qui vont avec. En outre, 80,2% des éleveurs interrogés pensent que le vétérinaire n’accepterait pas de leur remettre une ordonnance en vue de la dispenser dans une pharmacie. »
Vers un abus de position dominante
« Je ne comprends pas qu’on puisse bafouer un décret», déclare Jean-Charles Tellier, président de l’Ordre des pharmaciens. « L’avenir de la dispensation des médicaments vétérinaires passe obligatoirement par les pharmaciens. Par définition, le médicament peut et doit être dispensé par un pharmacien qui est le spécialiste du médicament. Ce décret subit quelques difficultés pour faire vraiment corps sur le terrain. Tous ensemble on doit travailler à une application formelle d’un décret qui est un consensus. »« Si les comportements n’évoluent pas, on s’oriente vers un abus de position dominante », prévient Philippe Lépée, rappelant qu’aujourd’hui, « les pharmacies représentent 5% seulement du marché du médicament vétérinaire. La totalité du chiffre d’affaires réalisé par les pharmacies égale à celui effectué par la somme des dix plus gros cabinets vétérinaires. »
L’Ordre a porté à la connaissance de la Direction général de la concurrence et de la répression des fraudes les contrats de soins « véto-confiance » qui comprend la couverture des besoins médicaux, et sont en attente de leur réponse. « Nous souhaitons casser cette idée que la prescription garantie la qualité au consommateur, et l’éleveur doit concevoir le libre choix du dispensateur», conclu Philippe Lépée. Un guide des bonnes pratiques de dispensation vétérinaire est également à l’étude.
Les représentants de l'Ordre des pharmaciens ont insisté sur le lien entre libre choix de l'éleveur et santé publique. Cliquer ici pour lire l'article.

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